3 coeurs

tournage "3 cœurs"

3 coeurs (France, 2014), un film de Benoît Jacquot avec Benoît Poelvoorde, Charlotte Gainsbourg et Chiara Mastroianni. Durée : 1h46. Sortie France : 17 septembre 2014, distribué par Wild Bunch.

Nullissime film de Benoît Jacquot, après les très ratés Adieux à la reine qui réussissaient le pari de ne rien dire d’intéressant sur la révolution française, ni d’ailleurs rien d’intéressant tout court. Ici tout est franchement mauvais. Ça commence par une rencontre bâclée en un tour de main : un plan sur Poelvoorde courant vers la gare, une seconde sur lui qui peste après avoir raté son train, et le voilà déjà dans la rue en train de marcher derrière une ombre de Charlotte Gainsbourg qui promène son chien. Dans un entretien il expliquait avoir eu cette trouvaille sensément géniale d’annoncer le personnage par cette ressemblance de silhouette, puisqu’il la retrouve quelques rue plus loin sans ledit chien, comme une sorte de cristallisation en avance : le dispositif est nul, et désamorcé par le dialogue juste ensuite « bah non j’ai pas de chien », voilà pour la romance. Entre ensuite en scène la musique complètement hors de propos, qu’on peut décrire comme une sorte de thème d’Inception un peu mollasson, une grosse corne de brume dramatique pour n’annoncer après tout qu’un coup de foudre extra-conjugal et un coup vite fait dans la cabane au fond du jardin. Jacquot fait monter le stress pendant une heure alors qu’on sait tout en ayant vu une minute de bande-annonce, et qu’il n’en profite jamais pour bien travailler ses dialogues et prendre un peu son temps. Chez lui chaque plan doit être au service exclusif de la tension entre les « trois coeurs », du coup les ficelles sont très grosses : le rendez-vous manqué aux Tuileries est montré expédié avec au bas mot dix plans sur l’horloge de la gare pour bien comprendre les enjeux, les indices de la présence de Charlotte Gainsbourg sont partout (dans l’escalier, 3 fois sur skype), et une voix off débarque après trois quart d’heure de film pour nous ré-expliquer le drame personnel d’un Poelvoorde qui trouvait « enfin une forme de paix » et qui, pauvre bougre, doit à nouveau sortir son unique personnage de nerveux dépressif. Mastroianni et Deneuve, qui ont l’air de s’ennuyer tout du long, sont les seules à sortir à peu près indemne de ce gros navet.

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