Crazy Amy

Crazy Amy

Crazy Amy (États-Unis, 2015), un film de Jud Appatow avec Amy Schumer, Bill Hader, Brie Larson. Durée : 2h05. Sortie : 18 novembre 2015. Produit par Apatow Productions et distribué par Universal Pictures.

Un bon petit Appatow, plus graveleux que d’habitude, mais pour sa défense le scénario n’est pas de lui directement, il est d’Amy elle-même, humoriste et comédienne américaine qui a l’air de jouer sur un créneau proche de Bridget Jones mais en plus porté en-dessous de la ceinture. L’ensemble est vraiment drôle même s’il ne restera probablement pas dans les mémoires. Critikat :

Relativement peu connue en France, Schumer est une stand-up comedian new-yorkaise qui a débuté sur les planches du Gotham Comedy Club de Chelsea en 2004, avant de rencontrer le succès neuf ans plus tard avec une émission satirique,Inside Amy Schumer, titre dont l’allusion sexuelle se passe de traduction. L’écriture de ce projet sur mesure est sous haute influence de son parcours d’humoriste, qui envisage la moindre saynète en fonction de son potentiel comique. Fusant en tout sens, les sketchs s’enchaînent sans nuire au déroulé d’un récit qui prépare inéluctablement notre célibattante à sa rédemption par la monogamie. Amy rallie tous nos suffrages dans la première heure du film, quand les amants qu’elle multiplie ne servent qu’à assouvir un libertinage effréné, mais qui, d’emblée, est jugé problématique. Et pour cause, puisqu’il procède d’une scène primitive qui voit le père intimer à ses deux filles de ne pas céder aux chimères de la vie de couple une fois devenues adultes. L’une appliquera ce credo à la lettre, l’autre le démentira grâce à un mariage heureux.

À marche forcée, les figures hautes en couleur sont évacuées l’une après l’autre, du sans-abri vivant au pied de chez Amy à sa rédactrice-en-chef bitchy à souhait (Tilda Swinton, épatante à contre-emploi). Cette logique éliminatoire empêche tout investissement émotionnel dans le duo gagnant, dont les rires sont communicatifs, rarement les doutes. Du film, est aussi absente cette mélancolie qui constitue l’envers des grandes comédies d’auteur, comme celle qu’avait réussie Apatow avec Funny People, et dont il ne retrouve pas la fragile alchimie en déplaçant son univers à New York. On attendait davantage de ce retour aux sources du natif de Queens, lui aussi formé dans le circuit des clubs locaux. SiCrazy Amy abonde en observations attestant de l’intime connaissance qu’ont Schumer et Apatow de leur ville, ils se contentent d’aligner des vignettes, notamment sur ses franchises sportives, là où, sans doute, ils s’imaginent faire un portrait.

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