Dikkenek

dikkenek

Dikkenek (France, 2006), un film de Olivier Van Hoofstadt avec Jean-Luc Couchard, Dominique Pinon et Jérémie Renier. Durée : 1h24. Sortie le 21 juin 2006, distribué par Europacorp.

Comédie grossièrement estampillée « belge », Dikkenek passe comme une bonne tranche de rire gras, mais ne va nulle part. J’y découvre pour la première fois au cinéma le comique François Damiens (dit « François l’embrouille ») pour qui l’accent belge, le phrasé saccadé et les répliques calibrées cultes constituent le principal ressort comique (avec ici la violence gratuite). Amusant au premier abord, il montre vite ses limites : je lui préfère de loin Jean-Luc Couchard, qui incarne plus à fond le dikkenek qu’on nous définit comme une grande gueule (littéralement un « gros cou »). Damiens, comme le film dans son entier, se réclame directement de l’héritage de Poelvoorde à ses débuts, mais reprend très maladroitement les ficelles de C’est arrivé près de chez vous : le tournage amateur du début, la violence brusque de la scène dans le cinéma, la folie de la prof névrosée, l’omniprésence de l’alcool…

Le film souffre par ailleurs d’un scénario et de textes d’une pauvreté atterrante, ce que ne compensent jamais le casting pourtant très fourni : c’est d’ailleurs amusant de voir Cotillard avant sa gloire américaine de La môme, encore cantonnée à des seconds rôles sans réelle saveur. Mélanie Laurent, complètement à côté de la plaque dans son rôle de je-m’en-foutiste oisive et vulgaire, et Florence Foresti qui n’arrive pas à décoller de son comique de garçon manqué, complètent le tableau. Dans la peinture de classe (très) moyenne, rien ne marche : ni le racisme policier, ni l’homophobie de bonne femme ne font sourire, le beauf assumé n’est pas spécialement drôle mais juste moche. Par absence de travail sur son sujet, le film finit par lui ressembler : pas crédible, pas provoquant ou amusant, pas intéressant en somme, il est plutôt indigeste et difforme. De ce grand fourre-tout au vulgaire revendiqué, aucun acteur ne sort grandi : excessivement parodiques, chaque caractère reste cantonné à sa réplique, à son moment de gloire humoristique de bas étage, à sa minute qui aurait mieux fait de rester télévisuelle.

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