Essential Killing

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Essential Killing (Pologne, 2011), un film de Jerzy Skolimowski avec Vincent Gallo, Emmanuelle Seigner et Nicolai Cleve Broch. Durée : 1h23. Sortie France : 6 avril 2011, distribué par Surreal.

Essential Killing baigne dans une ambiance fantastique très éloignée de son sujet de départ. L’ouverture se fait avec une vue aérienne, flottante, sur un paysage presque lunaire dans ce qu’on devine être l’Afghanistan. Un groupe de GIs en mission tombe sur un taliban (Vincent Gallo) caché dans une grotte qui, pris au piège, décide de les tuer avant de prendre la fuite. Il est pris en chasse par un hélicoptère de combat resté là en soutien, qui le cloue rapidement au sol avant de l’embarquer direction une sorte de Guantanamo d’Europe de l’Est. Cette première scène à elle seule impose une manière de filmer très intéressante, d’une grande souplesse et qui se concentre uniquement sur le ressenti de l’homme traqué, ramené au seul objectif métaphysique de la survie à tout prix. La suite ira plus loin encore dans cette veine, puisqu’à peine embarqué une occasion inespérée de s’évader se présente à lui sous la forme d’un accident de voiture du convoi militaire qui le transporte. Menotté, vêtu de l’habit orange des prisonniers, le voilà parti dans la neige pour tenter d’échapper à des forces et des enjeux qui le dépassent, sans espoir réel de s’en sortir. Progressivement le récit s’éloigne de ses enjeux politiques pour se limiter à cette rencontre du fugitif avec la nature qui l’entoure, et à la mise en scène de sa propre bestialité. Un passage en particulier est génial, où il est poursuivi par les chiens des soldats américains et doit en tuer un à main nue pour ne pas se faire rattraper. La scène est couverte par un bruit paniquant de ferraille hurlante, et suivie par un rappel un peu plus tard où il fantasme le retour du chien démultiplié en meute qui vient le dévorer. Skolimowski signe un travail remarquable, avec un casting à sa mesure — Wikipédia précise qu’il a choisi Vincent Gallo parce qu’il y avait dans son allure « quelque chose d’animal », c’est peu de le dire.

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