Fitzcarraldo

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Fitzcarraldo (Pérou, 1982), un film de Werner Herzog avec Klaus Kinski, Claudia Cardinale et José Lewgoy. Durée : 2h35. Sortie France : 16 juin 1982. Produit par Pro-ject Filmproduktion et distribué par Arthaus Video.

Herzog au top de sa forme dans ce film-chantier pharaonique, qui s’inspire de l’histoire du péruvien Carlos FitzcarraldArte revient rapidement sur les conditions de tournage :

En 78, pris au piège dans le bourbier de la forêt tropicale, à 600 km de la première ville, Herzog rencontre plus fort que lui. Piqué par un serpent venimeux, son guide n’a d’autre choix que de se tronçonner la jambe pour échapper à la mort. Pris entre les tirs croisés du conflit qui oppose indiens et compagnies pétrolières, son campement est assailli par les indigènes. Au total, alors qu’il n’a prévu que quelques mois de tournage dans la jungle amazonienne, il se retrouve 3 ans plus tard toujours prisonnier de l’enfer vert. Dès les premières semaines de tournage, l’orage gronde. Son comédien vedette, l’acteur américain Jason Robards est foudroyé par une dysenterie. Rapatrié d’urgence aux Etats-Unis, son médecin lui interdit de retourner dans la forêt vierge. Mick Jagger, engagé dans une tournée doit lui aussi déclarer forfait. 40% du film déjà tourné tombe à l’eau. […] Le tournage patine depuis 2 ans lorsque l’acteur allemand Klaus Kinski débarque en Amazonie. Il endosse le rôle de Fitzcarraldo, l’histoire vraie d’un aventurier du début du XXe siècle qui rêve d’édifier un opéra au cœur de la jungle tropicale péruvienne. À ses côtés, l’actrice Claudia Cardinale interprète sa compagne. Pour bâtir son opéra, Fitzcarraldo doit faire fortune. Il achète alors une concession d’hévéas produisant le précieux caoutchouc. Seul pépin : pour pouvoir ramener sa cargaison il va falloir faire franchir une montagne à son bateau. Un projet titanesque, d’autant que pour couronner le tout, Werner refuse que cette scène bénéficie du moindre trucage et exige que le bateau soit hissé à la seule force des figurants indiens. Une large saignée est tracée dans la jungle. Un gigantesque chantier se met en place, plus d’un millier d’indiens campas est mobilisé pour tracter les 360 tonnes du navire à l’aide de poulies géantes. Herzog filme le chaos du chantier : des documents réels qu’il glisse dans sa fiction « Fitzcarraldo ». Le réel et la fiction se confondent.

Le journal de bord d’Herzog, publié sous le titre Conquête de l’inutile, brode à partir de là sans qu’on puisse très bien distinguer le vrai du rêve ; le projet a l’air de lui tenir beaucoup à coeur et de constituer une oeuvre en soi à ses yeux, puisqu’il le souligne chaque fois qu’il en a l’occasion (comme récemment dans l’émission Hors Champ où on entendait son super accent allemand). Quoi qu’il en soit le film constitue une version abrégée de sa lutte de réalisateur pour accoucher de son film, avec ce souci délirant du vrai poussé jusqu’à l’absurde. DVD Classik donne beaucoup de détails sur le déroulement du tournage, qui valent le détour ; il est en fait difficile de parler du film sans paraphraser ces conditions de réalisation, qui en constituent le principe et la fin.

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