Inherent Vice

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Inherent Vice (États-Unis, 2014), un film de Paul Thomas Anderson avec Joaquin Phoenix, Josh Brolin et Owen Wilson. Durée : 2h29. Sortie France : 4 mars 2015. Produit et distribué par Warner Bros.

Tout l’intérêt d’Inherent Vice réside dans son esthétique californienne des années 70, qui à force d’être montrée sous toutes ses coutures au cinéma nous est devenue extrêmement familière, mais dont on ne se lasse pas d’observer les excès et la nonchalance. L’ambiance du film est complètement portée par Joaquin Phoenix, toujours aussi génial même s’il ne me semble pas ici être au top de sa forme, dans un rôle peut-être trop éloigné de ses obsessions et de son jeu d’acteur. Ici il incarne un détective privé, menant une enquête paresseuse qui n’en finit pas de rebondir sans qu’on y comprenne grand chose ; son personnage ressemble beaucoup à celui de The Big Lebowski, dont le pitch est d’ailleurs assez proche mais dont la grande force est de se placer à un niveau d’absurde bien supérieur. On rit régulièrement mais le film s’étire sur 2h30, alors les scènes finissent par se ressembler et toutes les drogues qui passent à l’écran ne suffisent pas à le tirer de sa mollesse. Anderson n’a d’ailleurs pas tellement l’air de s’en soucier, d’après son interview dans Première :

C’est comme The Big Lebowski : j’adore ce film, à quoi bon refaire quelque chose qui a déjà été fait à la perfection ? C’est juste que je ne me plaçais pas sur ce terrain-là. Dans Inherent Vice, la detective story n’est qu’un prétexte. Une manière de mettre en branle l’intrigue et de suivre ce personnage, Doc Sportello, de l’observer déambuler dans le monde. De mettre en scène ses réflexions sur les relations humaines, l’amour et l’Amérique. C’est ce que fait Pynchon dans son livre et ma véritable ambition, ici, c’était ça : la fidélité à Pynchon.

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