Journée d’appel

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Journée d’appel (France, 2014), un film de Basile Doganis avec Christopher Bécherot, Mohammed Ghanem et Malamine Sissoko. Durée : 21mn. Produit par Kazak Productions.

Télérama / Clermont continue avec Journée d’appel, un court qui traite de l’immigration et de ce moment un peu bizarre de la journée d’appel (ex-JAPD devenue « Journée Défense et Citoyenneté »), où les discours officiels s’imposent et coïncident plus ou moins bien avec ce que les gens vivent au quotidien. En un gros quart d’heure on a droit à tout ce à quoi le pitch pouvait nous faire penser : le clash Paris / banlieue, la bande de jeunes pas en phase, les discours « vérité » de la part des militaires. Heureusement le film est très conscient de ces écarts et les désamorce un peu par avance avec quelques pirouettes : un des garçons de la bande tombe sous le charme d’une fille aveugle des beaux quartiers ; en parallèle un de ses potes se fait traîner de force à Versailles par un pote qui s’intéresse à l’histoire de l’art. Malgré des dialogues bien écrits les ficelles restent trop grosses et le ton fait très « esprit républicain », même si bien sûr le réalisateur nous explique :

En adoptant le point de vue de jeunes de « la diversité » sur certaines institutions et symboles français – l’armée, la police, le château de Versailles – je voulais donner à voir la violence symbolique que ces jeunes doivent surmonter pour s’inscrire dans un roman national souvent sourd aux petites voix périphériques qui le composent pourtant à part entière. Ce sont des questions qui me travaillent intimement depuis toujours, mais les événements récents leur ont conféré une amère actualité.

Discours et intentions d’une grande banalité, qui contrastent avec une fin qui se veut provoc : une scène où la bande, à la fin de la journée, se fait agresser sans raison par des flics en voiture. Certains s’emballent, se font embarquer au poste, tout le monde a la rage après l’incident. Bien tenté, mais quand on veut citer La Haine il vaut mieux ne pas faire du bon sentiment juste avant.

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