Jurassic World

Jurassic World

Jurassic World (États-Unis, 2015), un film de Colin Trevorrow avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard et Nick Robinson. Durée : 2h05. Sortie France : 10 juin 2015. Produit et distribué par Universal Pictures.

On ne s’attend jamais à ce qu’un titre pareil reste intéressant après autant de remakes, mais on ne peut quand même pas s’empêcher d’espérer qu’une pointe se génie se manifeste de temps en temps. Jurassic World passe complètement à côté de cette espérance pour se vautrer dans le plagiat total de son prédécesseur, le premier du nom. Les références aux origines de la saga sont tellement nombreuses qu’on aurait presque envie de ressortir une VHS du placard pour se faire ce bon vieux classique, qui n’a pas du tant vieillir que ça. Car les progrès des effets spéciaux n’effacent pas le sentiment d’avoir affaire à une version affadie du scénario original, voire à une débauche de regrets de la part des scénaristes. Ces derniers ont presque l’air contraints de reprendre tous les grands moments du n°1 : le successeur du T-Rex qui crie dans le hall, les raptors qui font de la buée avec leurs narines, les jeeps d’époque qui reviennent en force, la balade dans la plaine verdoyante au milieu des animaux… Saut qu’entre-temps tout s’est abâtardi : le personnage central du gamin, à travers les yeux duquel est sensé être vu l’univers du parc, fait semblant d’être érudit mais ne s’intéresse en fait à rien, la femme est complètement idiote, le macho de service a perdu toute classe et fait des blagues graveleuses, Omar Sy nous sort des phrases bidons avec un accent français à couper au couteau, même les nouveaux dinosaures sont moches. Le film essaye de tenir un propos sur la marchandisation du monde et le désenchantement du spectacle (plus personne ne s’ébahit devant un bête dinosaure, ils le disent eux-mêmes), mais il tombe dans les travers qu’il prétend dénoncer : entre Samsung qui sponsorise la porte d’entrée et les écrans du parc (il fallait oser) et les plans sur les voitures en pleines course dans la jungle qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à des pubs d’avant-film, le marketing aura décidément gangrené chaque parcelle de l’image. Comme le faisait remarquer un des invités du Masque et la plume : Spielberg doit très content de produire un film si médiocre, produit par un quasi inconnu (d’ailleurs qui est ce type ?) et qui ne tient pas une seconde la comparaison avec son aîné.

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