La nuit des morts-vivants

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The Night of the Living Dead (États-Unis, 1970), un film de George A. Romero. Durée : 1h36. Reprise France : 25 juin 2008. Produit par Laurel Productions et distribué par Films sans Frontières.

Grand classique du film de zombie, La nuit des morts-vivants a certes pris des rides mais garde quand même une grande force visuelle. Premier épisode de la trilogie Zombies de Romero, il est réalisé avec un budget riquiqui (140 000 dollars, pour 20 millions de revenus), ce qui explique peut-être la qualité très mauvaise de l’image. En cela il fait un peu penser à l’absurde Bad Taste, premier film de Peter Jackson, qui assume d’être fait avec les moyens du bord et s’en sert même pour appuyer le comique de certaines scènes. La nuit des morts-vivants met en scène le basculement de la société américaine dans la violence suite à une infection par les retombées radioactives d’une comète, thème qui renvoie au contexte de guerre froide et aux efforts des grandes puissances vers l’espace – l’homme marche pour la première fois sur la Lune à peine un an plus tôt. Le scénario du film est fortement inspiré du livre Je suis une légende, qui a fait l’objet d’une adaptation plus fidèle aux texte en 2007, avec Will Smith, pour un résultat pas franchement dingue.

L’idée principale est que la division de la société existe en germe bien avant l’arrivée des zombies, et qu’elle réside dans l’incapacité des gens à s’organiser ou plus simplement se tolérer : le héros est noir, et débarque dans une ferme où un blanc buté, raciste et lâche va tout faire pour contrecarrer ses plans. Les femmes sont constamment réduites au silence, ou sont trop apeurées pour participer en quoi que ce soit à la conduite des événements. Face à ce groupe désuni, Romero met en scène des zombies filmés de manière très dynamique, caméra à l’épaule ; la première agression au début du film, qui passe du cimetière à la voiture, est remarquable. Les zombies ne font pas particulièrement preuve d’intelligence, mais en revanche leur cruauté est illustrée par une violence brutale, qui va jusqu’à des scènes d’anthropophagie très crues, effroyablement réalistes. Leur seule présence suffit à voir les hommes s’entre-déchirer, ils ne constituent que le gouffre dans lequel les personnages se jettent d’eux-même. La conclusion va aussi dans ce sens : le héros, seul survivant, se fait abattre à distance par un groupe de citoyens qui ne prend même pas la peine de vérifier son état.

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