L’amour est un crime parfait

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L’amour est un crime parfait (France, 2014), un film de Jean-Marie et Arnaud Larrieu, avec Mathieu Amalric, Karin Viard, Maïwenn et Denis Podalydès. Durée : 1h51. Sortie en France : 15 janvier 2014. Distribué par Gaumont Distribution.

Un format un peu particulier que celui choisi par les frères Larrieu, duo que je découvre d’ailleurs avec ce titre. L’intrigue penche du côté de l’enquête policière et du thriller, mais les dialogues et les personnages vont dans une direction complètement opposée, très second degré et légère, une sorte de comédie à la française décomplexée sexuellement : c’est Denis Podalydès en directeur d’école cabotin, c’est Sara Forestier qui s’amuse à parodier une ado en chaleur, ou encore Karin Viard en grande dépressive incestueuse. Trop de sexe partout, et un casting très fourni qui ne laisse à personne la place de construire vraiment un personnage, détruisent la lisibilité du scénario : la caméra virevolte d’une scène à l’autre comme guidée par un désir charnel trop fort, et court plusieurs lièvres à la fois – à l’image d’Amalric.

Le film rejoint donc son sujet dans sa forme, or ici le sujet ne vaut pas grand chose : un prof de lettres qui enseigne ses propres échecs, et tisse en permanence des correspondances de niveau collège entre ses cours et sa vie. Le dévoilement de ses crimes c’est la fonte des neiges, c’est la transparence des murs de son école à Lausanne, ses pulsions et son désir c’est le passage de L’âge d’or qu’il projette à ses élèves en faisant de l’œil à l’une d’entre elle. Ce symbolisme poussif construit une intrigue bancale : très simple, trop explicite, elle tombe à plat et ne tient pas la promesse d’un scénario tortueux, Hitchcockien, que semblaient annoncer le glissement du personnage vers la folie et la référence du titre. L’ensemble est sauvé par la très belle photographie, qui capture la froideur des lacs Suisses dans des grands angles impressionnants.

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