Le Caravage

Le caravage

Le Caravage (France, 2015), un film documentaire d’Alain Cavalier avec Bartabas. Durée : 1h10. Sortie France : 28 octobre 2015. Produit par Caméra One et distribué par Pathé.

Nouveau film d’Alain Cavalier après Le Paradis que j’avais adoré, Le Caravage est un court documentaire qui explore la relation qu’entretient Bartabas, le fameux dresseur de chevaux, avec un de ses animaux qu’il prépare pour un spectacle. On suit les entraînements dans le froid du petit matin, l’entretien de l’animal dont il faut refaire le sabot, changer la paille, brosser le pelage ; mais aussi et surtout le lien particulier qui se noue entre le dresseur et l’animal, et la confiance magnifique que ce dernier lui accorde. Cavalier filme extrêmement bien le corps du cheval, souvent d’assez près, s’attardant tantôt sur sa cuisse, ses pattes très fines, sa tête aux proportions énormes et ses deux yeux très grands et tristes. On le voit parfois seul, dans son box, regardant dehors ou échangeant une sorte de baiser avec le cheval d’à côté. Alain Cavalier a donné une interview à Télérama1 :

« Le cheval pose des problèmes de taille, mais aussi de vitesse. Si vous êtes en retard (ou en avance) d’une fraction de seconde, le plan n’est pas bon. Il faut saisir l’élégance musculaire en mouvement. Que la prise soit égale à la beauté du cheval, avec son cul magnifique, ses cuisses magnifiques, la finesse émouvante de ses pattes… jusque dans son œil dans lequel vous pouvez entrer. Il faut des semaines, des mois pour explorer un tel territoire. » Des semaines, des mois à prendre avec gourmandise les lignes 10 et 7 du métro parisien. A chercher avec sa caméra la bonne place au centre ou en dehors du cercle, à s’asseoir sur un tabouret, à se mettre à genoux par terre. « Comme cela fait vingt-trois ou vingt-quatre ans que je filme tous les jours, le corps entier est au boulot – pas seulement le conscient. Je sais immédiatement si ce que j’ai est dans l’histoire ou ne l’est pas. » Des semaines, des mois… jusqu’au jour où Le Caravage est venu faire à Alain Cavalier « une déclaration très salée », en léchant l’objectif de sa caméra. « Je me suis dit que c’était une fin de film. Mais que placer avant ? Avec le monteur Emmanuel Manzano, j’ai revu tout ce que j’avais tourné et nous avons trouvé le chemin du film. »

Le film est au niveau des autres films du réalisateur : très juste, honnête et fidèle à son sujet. Pour autant on ne peut pas s’empêcher de se dire, en voyant de courts extraits du spectacle de Bartabas, que le but de tout ce travail de longue haleine est vraiment ridicule, kitsch et très en-dessous de la noblesse du cheval que le film s’attache à dévoiler.

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