Le dos rouge

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Le dos rouge (France, 2015), un film d’Antoine Barraud avec Bertrand Bonello, Jeanne Balibar et Géraldine Pailhas. Durée : 2h07. Sortie France : 22 avril 2015. Produit par Anna Sanders Films et distribué par Epicentre.

Film assez « méta » où Bonnello s’amuse à jouer son propre rôle, celui d’un réalisateur à la dérive qui s’est fixé un thème pour son film (la monstruosité), et qui à partir de là va passer son temps à chercher à le cerner, en parcourant les galeries des musées parisiens à la recherche d’un tableau susceptible de lui servir de point de départ. A mesure qu’il avance dans sa quête, le réalisateur-artiste se trouve pris dans des situations de plus en plus confuses et absurdes, qui surgissent à chaque fois des figures féminines qui l’entourent. Il y a d’abord sa femme et confidente, puis cette autre femme, connaissance cultivée recommandée par une amie de Bonnello, qui s’est proposé de l’aider et qui à chacune de leurs rencontres semble changer d’apparence au point de changer d’identité : jouée par Balibar au début, elle l’est ensuite par Géraldine Pailhas. Bonello s’en rend compte, dit tout haut qu’il comprend qu’elle n’est plus la même, mais elle change de sujet et l’histoire continue. A ces personnages obsédants s’ajoute l’atmosphère brumeuse d’un Paris constamment filmé sous la pluie, et celle des soirées un peu décadentes où il se rend (quand ce n’est pas lui qui les organise). La force du film réside dans ce brouillard où l’état d’esprit du personnage rejoint les situations qu’il vit : quand une mystérieuse tâche rouge commence à s’étendre sur son dos, il devient son propre sujet et rejoint le portrait fascinant d’un homme à la peau tachetée, un noir albinos, qu’il regardait quelques temps plus tôt dans l’arrière-cour d’un musée.

Bonnello est très bon acteur, il compose un rôle tout en flegme et en lenteur ; il n’a d’ailleurs pas tellement à se forcer pour paraître à son aise dans des endroits qu’il a déjà squatté à l’occasion, comme le centre Pompidou où son personnage fait la rencontre de la « femme-oiseau » foldingue qu’il invitera à dîner chez lui.

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