Le Parc

Le Parc (France, 2016), un film de Damien Manivelle avec Naomie Vogt-Roby, Maxime Bachellerie, Sobere Sessouma. Durée : 1h12. Sortie France : 4 janvier 2017. Produit et distribué par Shellac.

Film décevant au vu de la critique unanime qui l’a accompagné, Le Parc est structuré en deux parties.

La première, assez réussie, est une promenade d’un couple d’adolescents dans un parc, qui apprennent à se parler et observent la vie de la ville qui se déroule au ralenti autour d’eux. Elle s’achève sur la séparation du couple : la jeune fille reste seule dans le parc tandis que la nuit tombe, et échange des textos avec le garçon qui vient de partir. En quelques messages qui s’affichent à l’écran à côté de son visage éclairé par la lumière du smartphone, on apprend qu’il y a une autre fille entre eux  alors que rien ne laissait deviner une telle issue dans leur promenade au parc. Le garçon finit par larguer sa copine à distance tandis que le jour tombe.

La seconde partie a lieu la nuit, alors que la jeune fille se réveille d’une sieste après ses échanges par textos. Elle se promène dans le parc en marchant à l’envers, mettant en œuvre concrètement la dernière phrase qu’elle lui avait envoyé : « J’aimerais revenir en arrière, pour que rien de tout cela n’ait existé ». Elle revient sur les lieux qu’ils ont vu ensemble, détricotant patiemment la pelote de leur promenade et de leur amour naissant. Jusqu’ici le film est assez beau malgré son déroulé très linéaire et la simplicité de la mise en scène. Les choses dérapent à partir de là, quand la fille fait la rencontre d’un gardien du parc qui se met à la suivre dans ses pérégrinations et fait basculer le film dans l’étrange, à mi-chemin entre conte fantastique et histoire glauque : la menace du viol n’est jamais très loin, le gardien est noir avec un accent africain prononcé, on flirte avec des clichés racistes pour déboucher sur pas grand chose.

Le film souffre de cette tendance de certains films d’auteurs français à ne pas assumer jusqu’au bout une mise en scène dépouillée ou des dialogues trop littéraires, et à s’en sortir par une pirouette – ici le recours à l’étrange.

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