Le président

Le président

Le Président (France, 1960), un film de Henry Verneuil avec Jean Gabin, Bernard Blier et Renée Faure. Durée : 1h50. Sortie France : 1er mars 1961. Produit par Cité Films.

La politique, Messieurs, doit être une vocation. Je suis sûr qu’elle l’est pour certains d’entre vous, mais pour le plus grand nombre elle est un métier. Un métier qui ne rapporte pas aussi vite que beaucoup le souhaiteraient et qui nécessite de grosses mises de fonds, car une campagne électorale coûte cher. Mais pour certaines grosses sociétés, c’est un placement amortissable en quatre ans. Et pour peu que le protégé se hisse à la présidence du Conseil, alors là le placement est inespéré. Les financiers d’autrefois achetaient des mines à Djelitzer ou à Zoa, ceux d’aujourd’hui ont compris qu’il valait mieux régner à Matignon que dans l’Oubangui et que fabriquer un député coûtait moins cher que de dédommager un roi nègre.

Film très sympa d’Henri Verneuil, dont la valeur vient beaucoup du plaisir de voir Gabin en président de la République au cinéma d’une part, et d’entendre les dialogues d’Audiard d’autre part. La relation du président avec Blier, qui joue un poulain arriviste et flatteur qu’il ne supporte pas, n’est pas sans rappeler la relation d’amour / haine de Sarkozy et Chirac, et les débats sur la construction européenne et l’influence des lobbies laissent bien voir que peu de choses ont changé depuis le temps. Le résumé de l’intrigue par DVD Classik :

L’ancien président du Conseil Emile Beaufort, retiré dans sa vaste propriété en Normandie, mais dont l’aura n’a cessé de peser sur la vie politique au point que les journalistes font le siège de sa demeure au moindre petit événement, mène une vie paisible de vieux retraité en passant l’essentiel de son temps à dicter ses mémoires à sa secrétaire et dame de compagnie. Alors que le pays connaît une énième crise gouvernementale, les médias annoncent la possible nomination du député Philippe Chalamont à la présidence du Conseil. Ce dernier fut, quinze ans plus tôt, le directeur de cabinet de Beaufort et avait été à l’origine d’un scandale financier en prévenant son beau-père banquier d’une prochaine dévaluation du franc. L’affaire coûta des milliards à la France et le président, meurtri par la trahison, fit en sorte que Chalamont lui écrivît une lettre d’aveux avant de le licencier. Toujours en possession de cette lettre compromettante, Beaufort réfléchit fortement à la possibilité de l’utiliser pour contrer l’ambition de son ancien subordonné.

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