Les Bas-fonds new-yorkais

Underworld USA (États-Unis, 1961), un film de Samuel Fuller avec Cliff Robertson, Robert Emhardt et Dolores Dom. Durée : 1h39. Reprise France : 10 janvier 2018. Produit par Globe Enterprises et distribué par Park Circus.

On connaît le goût de Fuller pour les mélanges détonants : Underworld USA, titre en forme d’hommage au premier film de gangster, l’Underworld de Sternberg en 1927, convoque tout à la fois la détermination vengeresse et l’emphase des tragédies shakespeariennes, le romantisme noir d’un Comte de Monte-Cristo plongé dans la pègre new-yorkaise et les tristes récits de vie des prostituées et truands sans ambition que le jeune Sammy a côtoyés durant ses années de journalisme à Park Row. C’est dans cet improbable combo de majesté et de vulgarité que Fuller s’avère un brillant metteur en scène : son Tolly, petit frère du Skip McCoy du Port de la drogue, est le parfait avorton de cette humanité rampante des bas-fonds new yorkais, fils d’une prostituée morte en prison et d’un père minable truand et incapable de lui donner une éducation, à qui il voue pourtant une admiration sans borne. Un soir de nouvel an, tandis qu’il profite de l’ivresse des badauds pour leur faire les poches, Tolly assiste muettement au meurtre de son père, rossé par quatre ombres parmi lesquelles il ne reconnaît qu’un visage. Il n’aura désormais d’autre obsession que celle de venger la mort de son vieux, refusant l’aide de la police comme le veut la règle de son milieu. Sans plus d’hésitation, Tolly entame une carrière de délinquant pour se rapprocher des assassins de son père : de maisons de correction en pénitenciers et jusqu’au sommet d’un syndicat du crime où prospèrent ses ennemis, devenus barons de la drogue et maquereaux. — Critikat

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