Les combattants

les-combattants

Les combattants (France, 2014), un film de Thomas Cailley avec Adèle Haenel, Kevin Azaïs et Antoine Laurent. Durée : 1h38. Sortie le 20 août 2014, distribué par Haut et Court.

Excellent premier long métrage pour Thomas Cailley, qui oscille entre comédie et drame. On y retrouve avec plaisir Adèle Haenel, déjà géniale dans Naissance des pieuvres de Céline Sciamma et L’apollonide : souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello. Elle tire ici parti de son jeu très brut de décoffrage, spontané et viril, qu’elle met au service d’un personnage inadapté socialement, obsédé par la perspective d’une catastrophe et le survivalisme. Elle forme avec Kevin Azaïs un duo qui fonctionne avec peu de mots et déjoue régulièrement les attentes dramatiques que l’on voudrait coller au scénario – liées au contexte (crise économique, entraînement militaire) et aussi à un regard réaliste de la caméra, que porte une très belle photographie et la bande-son très contemporaine. La scène de l’incendie, proche de la fin, est emblématique de cette ambiguïté qui fait la réussite du film : dans une atmosphère crépusculaire, des confettis de bâtiments enflammés tombent au ralenti sur les deux personnages à bout de force, l’une dans les bras de l’autre, qui avancent vers les deux lumières presque extraterrestres d’un camion de pompier. La scène met un terme à leur escapade absurde et romantique dans les bois, entre pose aléatoire de pièges dangereux autour de l’abri et maladie véritable (qu’on suppose par empoisonnement ou par intoxication alimentaire) ; elle clôt sur elle-même cette parenthèse où s’affirme une grande liberté de jeu dans la composition des personnages, et de genres dans la capacité à passer du drame réaliste à la comédie pince-sans-rire.

Laisser un commentaire