Les merveilles

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Le Meraviglie (Italie, 2015), un film d’Alice Rohrwacher avec Maria Alexandra Lungu, Sam Louwyck et Alba Rohrwacher. Durée : 1h51. Sortie France : 11 février 2015. Produit par Tempesta et distribué par Ad Vitam.

Nouveau film avec Alba Rohrwacher, que j’avais aperçue dans La belle endormie. Elle incarne ici la mère de quatre filles dans une famille d’apiculteurs en Italie. Le style fait beaucoup penser à Home d’Ursula Meier, sorti en 2008 : la famille ressemble à une colonie étrange coupée du monde, qui vit selon ses propres règles. Une autre femme vit avec la famille (peut-être la tante des enfants), qui parle un peu allemand ; la mère parle parfois français ; le père parle les deux. Tout le monde ne pense qu’à éviter les crises de colère de ce dernier qui gère l’exploitation familiale en petit tyran domestique. C’est l’aînée, Gelsomina, qui veille au grain pour tout le monde en surveillant la production de miel, qui se fait dans un vieux hangar très loin des normes que l’Union Européenne essaye de leur imposer. Un jour elle tombe sur Monica Bellucci en animatrice d’une émission sur les talents agricoles ; malgré les réticences de son père elle inscrit la famille pour participer, et les voilà embarqués sur une île en costumes de paysans antiques pour parler de leur métier face caméra.

Comme le pot de miel qu’il faut changer régulièrement avant qu’il ne déborde, l’univers que décrit le film est toujours sur le feu, au bord de la décomposition. Critikat :

Si l’utopie est en jeu, elle est immédiatement mise en danger par l’extérieur – des chasseurs dès la scène d’ouverture – mais aussi l’intérieur : le principe de réalité (financière), le père, figure colérique à l’autorité fragile. Les Merveilles avance par des confrontations avec l’extérieur, rendu comme une matière hétérogène et une altérité : le ballet des ragazzi en vespa, la venue de Martin, l’arrivée incongrue d’un chameau, l’apparition d’une équipe de télévision menée par Monica Bellucci, cette dernière étant doublement hétérogène et autre, dans la fiction et le film lui-même par son statut iconique. L’utopie est plus que fragile car elle s’apparente à une forteresse dont les murs se fissurent, notamment sous l’effet des projections de Gelsomina vers un ailleurs, par exemple figuré par ce petit détail : une carte postale de Floride accrochée au dessus de son lit.

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