Les nuits de la pleine lune

Les nuits de la pleine lune

Les nuits de la pleine lune (France, 1984), un film d’Éric Rohmer avec Pascale Ogier, Tchéky Karyo et Fabrice Luchini. Durée : 1h42. Produit et distribué par Les Films du Losange.

Je pompe la petite présentation du film au site public Canopé :

Décoratrice à Paris, Louise vit à Marne-la-Vallée avec Rémi, architecte de son état. Pour plus de facilité, car elle aime sortir le soir, Louise décide de récupérer le studio parisien qu’elle louait à une amie. Au cours d’une soirée, la jeune femme fait la connaissance de Camille, décoratrice elle aussi, et se querelle avec Rémi à qui elle propose un marché : si l’un ou l’autre fait une rencontre amoureuse, ils se sépareront sans heurt… Un jour, Louise et Octave, un ami amoureux de la jeune femme, aperçoivent Rémi dans un café ; selon Octave, il était en compagnie de Camille. Questionné par Louise, Rémi dément et explique que Camille se trouve à Milan avec son fiancé. À son tour, Louise fait la connaissance d’un certain Bastien qu’Octave, jaloux, tente d’évincer. Après une nuit passée à écouter un peintre lui parler de la pleine lune, Louise se rend à Marne-la-Vallée où Rémi lui avoue avoir couché avec Marianne, une amie de Camille. Bouleversée, Louise appelle Octave au téléphone…

Éric Rohmer partage avec Margaret Ménégoz, la responsable des Films du Losange – la société de production qu’il a créée en 1962 avec Barbet Schroeder –, le même sens de l’économie, la même horreur du gâchis. Le cinéaste associe économie de production et économie narrative pour faire un film à hauteur de ses moyens. Selon une méthode immuable, il travaille avec du matériel léger, une équipe réduite et des décors peu nombreux. Ainsi, le budget des Nuits de la pleine lune, le quatrième épisode des « Comédies et Proverbes » (1981-1987), n’atteint que la moitié du coût d’un film français moyen. Le seul luxe que Rohmer s’accorde est celui du temps, non pas celui qui est consacré à la période de tournage (7 semaines) mais le temps dédié à la préparation et à la patiente familiarisation des acteurs avec leur texte. Le travail débute en général par de multiples rencontres et discussions avec le réalisateur. Ensuite, il ordonne des séances de lecture à la table, puis au magnétophone et des répétitions-repérages sont organisées sur les lieux de tournage. Un filmage partiel en super-huit achève enfin la préparation du film. Sur Les Nuits de la pleine lune, Pascale Ogier (Louise) a fait l’objet d’une préparation particulièrement longue (un an environ). Exceptionnellement – mais là encore fidèlement à sa méthode qui consiste à reprendre dans le film ce que ses acteurs apportent d’eux-mêmes –, Rohmer a associé l’actrice à l’élaboration des décors en lui laissant le soin d’aménager le studio de son personnage (rue Poncelet, dans le XVIIe arrondissement de Paris), ainsi qu’une partie de l’appartement de Marne-la-Vallée. Il lui a également laissé porter les vêtements de la styliste de son choix (Dorothée bis). La collaboration avec Tchéky Karyo, issu du Théâtre national de Strasbourg et nouveau venu dans la famille rohmérienne, a été en revanche moins facile. En effet, si le cinéaste accepte volontiers quelques modifications du texte de la part de ses comédiens (notamment pour y accueillir leurs expressions et manières de parler), il ne supporte pas leur intrusion dans sa mise en scène. Aussi l’intervention du chef opérateur Renato Berta, collaborateur régulier de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, a-t-elle été parfois rendue nécessaire pour apaiser les relations entre le cinéaste et son acteur.

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