L’oiseau au plumage de cristal

L'oiseau au plumage de cristal

L’Ucello dalle plume di cristallo (Italie, 1970), un film de Dario Argento avec Werner Peters, Rosita Torosh et Omar Bonaro. Durée : 1h38. Produit par Glazier.

Sam Dalmas est un écrivain en herbe américain. Venu vivre à Rome en espérant pouvoir vivre de sa plume, il doit très vite déchanter et se résoudre à écrire des ouvrages de vulgarisation pour gagner sa vie. Il vit dans un vieil immeuble sur le point d’être détruit et a pour compagne la jolie Julia. Parmi ses amis : Carlo, ornithologue. Un soir, tandis qu’il rentre chez lui à pied, Sam est témoin d’une scène étrange à l’intérieur d’une galerie d’arts. Derrière les baies vitrées, Dalmas aperçoit une jeune femme luttant contre une silhouette vêtue de noir en haut d’escaliers. Le jeune écrivain ne peut agir, dans l’impossibilité d’accéder à l’intérieur de la galerie. La fille est blessée grièvement par un couteau, l’agresseur prend la fuite. Peu de temps après, la police intervient. De témoin Sam va devenir un suspect potentiel, puis un allié de l’inspecteur chargé de l’enquête : Morosini. La jeune femme agressée s’appelle Monica Ranieri, et son mari n’est autre que le propriétaire de la galerie d’arts. Sam Dalmas est persuadé d’avoir oublié un élément capital lorsqu’il a été témoin de la scène, un élément qui pourrait lui permettre de confondre le criminel (un postulat que Dario Argento reprendra d’ailleurs dans « Les Frissons de l’Angoisse »). Pour l’inspecteur Morosini, il y a un lien entre cette agression et le meurtre de trois jeunes femmes ayant été perpétrés récemment dans la ville. Peu de temps après, Dalmas échappe de peu à une tentative d’assassinat en pleine rue. Le voilà contraint à mener sa propre enquête pour sauver sa peau… — Psychovision

Avec L’Oiseau au plumage de cristal, premier opus de sa « trilogie animale », Dario Argento se lance dans la réalisation en réinventant le film policier ou giallo. Suspense, scènes baroques, meurtres stylisés jusqu’à l’excès, gants et poignards en guise de fétiches, sont autant de codes qu’il manie avec aisance. La résolution de l’énigme (une image vue mais mal comprise) renvoie à un moment postmoderne d’une déconstruction de l’image. Sorti opportunément en 1969 alors qu’un tueur en série terrorise l’Italie, le film enthousiasme le public. Doucement porté par la partition d’Ennio Morricone, discrètement teinté d’humour, L’Oiseau au plumage de cristal abonde en références cinéphiles, et particulièrement à Hitchcock. Argento assume allègrement la filiation, enracinée dans un souci du détail proche de l’obsession. Tout en popularisant le genre, il pose les jalons de son œuvre et offre au spectateur une quête visuelle, mémorielle, qui, dans ses accents antonioniens, préfigure le chef-d’œuvre du maître, Profondo rosso. – Hélène Lacolomberie

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