Louise Wimmer

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Louise Wimmer (France, 2012), un film de Cyril Mennegun avec Corinne Masiero, Jérôme Kircher et Anne Benoit. Durée : 1h20. Sortie France : 4 janvier 2012, distribué par Haut et Court.

Louise Wimmer retrace le parcours de galère d’une femme mûre, la quarantaine ou la cinquantaine, qui a quitté son mari et se retrouve progressivement enfermée dans la précarité. Femme de ménage en journée, elle passe ses nuit dans une vieille bagnole usée en attendant que l’assistance sociale lui accorde un vrai logement. Il y a toujours quelque chose de forcé dans les films qui se donnent pour objectif de dépeindre la précarité, une tentation de « faire vrai » mêlée à une pudeur obligée, la peur inverse de trop en faire. Globalement le film échappe à la lourdeur de ces intentions contradictoires : le récit est très bien mené, sans péripéties artificielles. La vie de Louise ne va nulle part et le film fait délibérément du sur-place ; Louise ne cherche plus d’homme dans sa vie, elle a décidé de se construire sans cela, et tout ce qu’elle veut désormais c’est un toit. La dépression la guette en permanence comme la plus forte des menaces, avec celle de perdre son dernier abri : la vente progressive de ses quelques biens rythme sa descente aux enfers en pente douce mais certaine. Le jeu de Corinne Masiero a été beaucoup salué par la critique, à juste titre il faut bien dire. Pleine d’une énergie débordante, sa niaque butée et son envie de ne rien devoir à personne lui inspirent un jeu sans concession. Plusieurs passages fonctionnent très bien, qui ne sont pas forcément des scènes à part entière mais plutôt une unité en dessous, des passages réussis fondus au noir, des sortes de vignettes : la soirée où elle s’alcoolise, le vol d’un bidon d’essence dans un parking, une douche prise dans un appartement où elle fait le ménage, les scènes de sexe qui n’ont jamais de lendemain. Enfin ce moment où elle n’en peut plus, où le film a épuisé la vue par son spectacle désolant, et où elle danse seule sur Sinnerman de Nina Simone (qui accompagne le film depuis le tout début) avant de balancer son auto-radio.

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