Love Actually

Love Actually (Royaume-Uni, 2003), un film de Richard Curtis avec Hugh Grant, Liam Neeson et Colin Firth. Durée : 2h10. Sortie France : 3 décembre 2003. Produit par Working Title Films et distribué par Mars Distribution.

Quelques ingrédients: tout d’abord, laisser tomber la désuète et simpliste histoire d’amour à deux pour multiplier les possibilités. On n’en suivra plus une, ni deux ni trois mais neuf dont les mailles s’entremêlent dans un même pull pour le moins chamarré et scintillant. Le cast ne se limitera plus à un couple de stars aimées, mais s’ouvrira vers une pièce montée convoquant les chouchous maison (Hugh Grant, Colin Firth), les jeunes premiers bandants (Keira Knightley, Rodrigo Santoro) ou les stars satellites sans genre d’attache (Liam Neeson, Emma Thompson, Alan Rickman). Notons à l’occasion un sens fou du casting qui fait de chaque rôle à chaque caméo un miracle de réussite. La BO sera à l’unisson d’une explosion énamourée autant que musicale, avec gros violons de Craig Armstrong en bonus bingo. Et la pièce montée est là, pimpante, musclée, ruisselante et prête à consommation goinfre et ivre. Love Actually est de ces comédies romantiques qui parviennent à transcender le genre en étant consciente des codes qui le constituent, à l’image d’un Mariage de mon meilleur ami qui en malmène le rose pour le tirer vers sa noire méchanceté. Ici, on conserve bien le rose des motifs mais on s’en amuse en les usant jusqu’au déchirement, comme l’inénarrable Bill Nighy se pare du fantôme d’un vieux tube de Wet Wet Wet (tiens?) pour signaler l’ouverture du bal. Sus aux indigestions, Love Actually, concentré émotionnel et « feel-good-movie » ultime, est la montagne de chantilly dans laquelle il faudra faire ses roulades décomplexées en attendant Noël, où la cerise sur le gâteau devient une avalanche carminée faisant crouler de bonheur une pâtisserie des plus exquises. — Nicolas Bardot, Film de Culte

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