Lundi CDI / Jean et Monsieur Alfred

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Jean et Monsieur Alfred (France, 2000), un film de Frédéric Dubreuil avec Maurice Chevit, Henri Poirier et Cyril Chellal. Durée : 17mn. Produit par Envie de Tempête et distribué par L’Agence du court-métrage.

Lundi CDI (France, 2010), un film de Patrice Deboosère avec François Godart, Eric Savin et Florence Masure. Durée : 16mn. Produit par Envie de Tempête et distribué par La Luna Diffusion.

Télérama / Clermont continue avec un portrait de Frédéric Dubreuil qui dirige Avis de Tempête, la boîte qui produit les films de Sébastien Betbeder (2 automnes 3 hiversLes nuits avec Théodore) et de nombreux courts, notamment le très bon Inupiluk, en train d’être adapté en long-métrage sous le titre Voyage à Kullorsuaq.

Le court mène-t-il au long ? Parmi les cinéastes qui ont fait des courts chez Envie de tempête, on trouve des noms comme Emmanuel Gras, Olivier Jahan, Claude Duty, Patrice Deboosère, Jean-Gabriel Périot, qui ont fait ou vont faire des longs métrages. Mais pas au sein de la société… ! « Le passage à l’étage supérieur n’a jamais été une finalité absolue. Mon ambition a toujours été de soutenir des projets artistiques, court ou long, ça m’est égal. Par ailleurs, j’ai appris mon métier, j’ai mis du temps à être prêt pour le long métrage. Et nous, producteurs de courts, ne sommes pas forcément les bienvenus chez nos voisins du long… » Le système de financement très encadré ne favorise pas ce que Frédéric Dubreuil appelle « l’ascenseur social » : un nouvel entrant, cela signifie que les investissements sont à diviser encore un peu plus… « Mais si nous ne passons pas au long-métrage, comment les jeunes sociétés entreront-elles à leur tour dans le réseau du court… ? »

Jean et Monsieur Alfred et Lundi CDI naviguent à peu près dans les mêmes eaux, celle de l’anecdote à caractère social, mais n’ont pas les mêmes ambitions. Le premier est une comédie absurde où un petit vieux perd sa place en HLM tandis qu’un autre profite de son salaire de patron et part à la campagne pour une partie de chasse. C’est du Benoît Forgeard croisé avec du Betbeder, notamment quand le rendez-vous avec la banque se transforme en petite danse géniale ; mais la portée critique est du coup beaucoup moins forte que dans Lundi CDI (dont j’adore le titre). Il faut dire que Patrice Deboosère a l’air d’être un habitué des sujets du genre : il a aussi réalisé La Gagne, sur un SDF qui sauve un banquier.  Lundi CDI mène bien sa barque, et s’il tombe un peu dans le travers du « scénario à chute » il prend quand même le pari de construire un personnage dans un supermarché, pas quelque chose d’évident vu l’absence d’enjeux dramatique.

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