Macadam Cowboy

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Midnight Cowboy (États-Unis, 1969), un film de John Schlesinger avec Dustin Hoffman, Jon Voight et Ruth White. Durée : 1h53. Reprise France : 14 septembre 2016. Produit par Jerome Hellman Productions et distribué par Mission.

Joe Buck, blond et beau gosse, quitte sa petite bourgade du Texas pour monter à New York, où il espère se faire entretenir par des femmes riches. Mais la dureté de la ville lui fait rapidement perdre ses illusions. Seul, sans un sou, il fait la connaissance de Rico « Ratso » (Rital) Rizzo, un petit Italien chétif, boiteux et tuberculeux. Parce que ce dernier a l’air encore plus seul que lui, Joe accepte de partager son appartement miteux. À l’opposé l’un de l’autre, ils partagent pourtant la même misère dans les bas-fonds new-yorkais, s’accrochant au même rêve : partir vivre sous le soleil de Floride. – Ciné Club de Caen

Un film bien plus dur que ne le laissait présager son pitch. Macadam Cowboy montre d’abord une chute accélérée dans la misère à New-York, dans l’indifférence complète des quelques personnes que rencontre Joe Buck en arrivant, bien loin de la scène d’ouverture qui baignait son départ dans la très belle chanson d’Harry Nilsson, Everybody’s talking. La scène qui le voit débarquer dans une soirée hippie super hype avec Dustin Hoffman, pauvre hère qui crache ses poumons en permanence, bascule rapidement dans le sordide et offre un beau condensé de scepticisme sur le rêve américain. Le film a fait scandale à sa sortie, classé X peut-être moins pour ses quelques scènes de nus que pour son portrait de la prostitution masculine, celle des « midnight cow-boys » (ce qui ne l’empêchera pas de rafler trois Oscars). Joe Buck est un personnage a priori hyper-naïf qu’on voit débarquer avec ses vestes à franges et les souvenirs sublimés de sa province natale. Avec sa chute il prend cependant un peu d’épaisseur, notamment via les flash-backs inattendus sur le viol de sa copine, malheureusement mal exploités dans le scénario. Le personnage de Rico, incarné avec brio par Dustin Hoffman, sauve le tout : estropié, les cheveux gras, la clope tout le temps au bec, c’est un de ses rôles les plus touchants.

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