Maniac Cop

Maniac cop

Maniac Cop (États-Unis, 1988), un film de William Lustig avec Tom Atkins, Bruce Campbell et Richard Roundtree. Durée : 1h32. Produit par Shapiro Entertainment.

Alors qu’elle rentre chez elle en pleine nuit, une barmaid est agressée par deux loubards, prêts à toutes les brutalités pour lui voler son sac à main. Le jeune femme parvient à leur échapper et se croit sauvée lorsqu’elle aperçoit la silhouette d’un policier… Mais celui-ci lui brise le cou sous les yeux de ses agresseurs désemparés ! Une série de crimes ignobles commence. Des citoyens innocents sont attaqués et tués en pleine nuit par un homme vêtu de l’uniforme de la police. Les autorités cherchent à étouffer l’affaire, mais l’inspecteur McCrae, révèle le pot aux roses à la presse. Une véritable psychose s’abat sur les new-yorkais, qui ne font plus confiance aux forces de l’ordre. On tient pourtant rapidement un suspect : l’agent Jack Forrest, dont on a retrouvé la femme égorgée, dans le motel même où elle l’avait surpris au lit, quelques heures auparavant, avec sa maîtresse Theresa Mallory. Forrest se dit victime d’une machination, mais personne ne le croit. Il va devoir découvrir lui-même le responsable de ces meurtres horribles afin de convaincre la justice de son innocence. Pour cela, il bénéficie du soutien de McCrae, qui soupçonne lui aussi que Forrest se soit fait piéger. Finalement, des indices les mènent sur la piste de Matt Cordell, un flic brutal, que ses méthodes expéditives ont mené en prison. Toutefois, quelque chose cloche : il serait mort en détention, poignardé par d’autres détenus…

Avec Maniac Cop, William Lustig dit avoir voulu réaliser une synthèse entre le film policier et le cinéma d’épouvante. La première partie du métrage se rapproche, par bien des aspects, d’autres films de terreur des années 1980. Un tueur sans visage, à la silhouette massive, assassine la nuit des personnes innocentes, avec cruauté et brutalité, voire même un peu d’humour noir. Pendant ce temps-là, l’enquête piétine… Les scènes de meurtre sont alors les plus importantes. Lustig les met en scène de façon graphique et cruelle, en les faisant toujours précéder par une petite poursuite, installant ainsi un peu de suspens. Quant au « maniac cop », imposant, impitoyable, indestructible et doué d’une force surhumaine, il semble s’inscrire dans la lignée de machines à tuer comme Jason ou de Michael Myers. Plus que son histoire propre, c’est sa silhouette massive, archétype du bon flic tiré à quatre épingles, qui, détournée sur un mode horrifique, impressionne le spectateur. Jouant ainsi à fond sur la « peur du gendarme », Lustig parvient à synthétiser la figure du psychokiller mystérieux des années 1980 et le thème de la violence urbaine, qu’il avait déjà exploité dans Maniac et Vigilante. Une fois les doutes sur l’identité du tueur dissipés, Maniac Cop prend rapidement la tournure d’un thriller bien de son époque. Les scènes de meurtre se font plus sèches, cédant la place à une haletante course-poursuite, au cours de laquelle on fait crisser les pneus des voitures de police et parler la poudre des fusils à pompe. — Devil Dead

Maniac Cop n’est pas d’une finesse hors norme, mais il vaut le détour pour son croisement des genres, à mi-chemin entre un polar à la Sidney Lumet et un vrai slasher façon Carpenter, même si le suspense autour du visage du flic maniaque est entretenu lourdement. Plusieurs meurtres sont vraiment réussis, notamment celui avec la tête plongée dans le ciment, et ceux qui ont lieu directement dans les locaux de la police.

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