Mary, Queen of Scots

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Mary, Queen of Scots (France, 2014), un film de Thomas Imbach avec Camille Rutherford, Sean Biggerstaff et Aneurin Barnard. Durée : 2h10. Sortie France : 12 novembre 2014. Produit par Okofilm et distribué par Aramis.

Cette adaptation de la vie de Mary Stuart est une belle surprise, tant du point de vue de la mise en scène que du casting. Camille Rutherford, que je n’avais jamais vue ailleurs auparavant, est la vraie révélation du film, qui porte à elle seule toute la charge d’une intrigue fondée sur l’isolement de Marie et l’impossibilité qui est la sienne de s’appuyer sur ses proches. Le destin de Mary Stuart est particulièrement tourmenté, et instrumentalisé dès son plus jeune âge par la France, qui y voit la possibilité de s’implanter en Écosse et potentiellement de prendre la couronne d’Angleterre – à laquelle Mary peut légitimement prétendre. Mais Élisabeth ne l’entend pas de cette oreille, et va s’engouffrer dans toutes les erreurs que commet la jeune femme pour imposer ses vues sur l’unité de l’île autour de sa personne, et du protestantisme. Le film se concentre sur cette fausse amitié de vraies rivales, qui chacune à sa manière tente de s’extraire de l’emprise des hommes sur eux. Une voix off vient ponctuer les épisodes de lectures des lettres de Mary à son aînée, mais toujours à sens unique. La figure d’Elisabeth est omniprésente mais fantomatique, tantôt incarnée par un bouffon qui la parodie avec une poupée, tantôt représentée par ses émissaires qui amènent avec eux des portraits d’elle pour signifier sa présence royale. La jeune reine d’Écosse enchaîne les maris, qui tombent par complot, maladie ou jeu politique. Elle est en fin de compte très seule, surveillée en permanence par son frère et par des barons écossais qui veulent sa peau. Plusieurs moments sont coupés par des scènes fantasmées, parfois prémonitoires (comme celle où elle se voit amenée à l’échafaud, ce qui évite à la fin du film de trop verser dans le pathos), toujours amenée avec justesse. La finesse du portrait doit beaucoup au jeu de Rutherford dont la présence occupe toute l’image, et qui s’en tire très bien au niveau de l’accent anglais (en même temps son père est anglais). Apparemment c’est la première fois qu’elle a un vrai premier rôle, même si elle a joué dans quelques films dont La vie d’Adèle (Kechiche a vraiment le nez fin) et la comédie plutôt sympa Les coquillettes, qu’elle a donné sa voix à la voiture de Holy Motors et qu’elle a fait beaucoup de théâtre. C’est peut-être une bonne raison de voir Low life, même si c’est un premier film et que le synopsis a l’air un peu chiant.

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