Massacre à la tronçonneuse

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The Texas Chainsaw Massacre (États-Unis, 1974), un film de Tobe Hooper avec Marilyn Burns Gunnar Hansen et Edwin Neal. Durée : 1h24. Reprise France : 29 octobre 2014. Produit par Vortex et distribué par Carlotta.

La restauration a fait des merveilles depuis la première fois que j’avais essayé de voir Massacre à la tronçonneuse, sur un DVD loué dont la qualité d’image empêchait complètement de profiter du film. Si l’image a toujours un grain très fort, elle est globalement en bien meilleur état. Le scénario paraît aujourd’hui bien pauvre en comparaison des standards insoutenable du gore imposés par des titres comme ceux de la série Saw, qui montrent chaque détail de la souffrance avec une grande complaisance. Pourtant le film tient encore son rang, parce qu’il s’appuie davantage sur la répugnance et sur un travail de mise en scène pour arriver à ses fins. L’ambiance du film est en effet complètement poisseuse, et ce dès le début puisque le film a été tourné en plein soleil, avec des acteurs couverts de sueur en permanence pendant le tournage.

Une fois au coeur de l’horreur, dans la maison, on s’aperçoit vite que les figures effrayantes sont très humaines : ce n’est ni plus ni moins qu’un trio de détraqués qui aiment beaucoup la viande. Et c’est bien ce penchant obsessionnel pour les crânes, les bouts de chair et les corps démembrés qui est exploité, bien davantage que l’angoisse et la dissimulation. Le fond de l’affaire c’est la conservation morbide des corps, comme dans Psychose (qui d’ailleurs s’inspire aussi du parcours d’Ed Gein), avec le personnage du grand-père, sorte de vampire en plus dégueulasse. La scène où la fille fouille la maison et tombe sur le sol, au milieu des ossements et des plumes de poules, renvoie aussi à ce dégoût lié à la matière fécale, aux choses mortes. Quand le vieux suce la plaie de son doigt, un plan serré sur son visage à elle (puis sur le globe de ses yeux exorbités) concentre toute la tension de la scène, preuve que le film échappe à la dépendance aux effets spéciaux – et parvient parfois même à ne pas se prendre trop au sérieux, comme avec ce jeu de mot visuel sur les bras de chaises. Les poursuite dans les bois sont aussi géniales dans leur genre, et donnent envie de revoir Scream.

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