Melancholia

melancholia

Melancholia (France, 2011), un film de Lars von Trier avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg et Alexander Skarsgård. Durée : 2h10. Sortie France : 10 août 2011. Produit par Memfis Film et distribué par Les Films du Losange.

Depuis le temps qu’on me le cite comme l’oeuvre la plus aboutie de Lars von Trier, j’avais hâte de voir Melancholia. Je me lance, et ça démarre par une scène d’ouverture kitsch au possible, avec une photographie immonde sur un morceau magnifique de Wagner. On y voit Kirsten Dunst avec des oiseaux morts qui tombent autour d’elle, puis Charlotte Gainsbourg, son fils dans les bras, dont les pieds s’enfoncent au ralenti dans une pelouse qu’on dirait en guimauve, puis un cheval qui tombe à terre tout aussi lentement, puis re-Kirsten Dunst, cette fois en robe de mariée, qui tente de courir malgré des ronces qui la retiennent. Et puis il y a la fameuse Melancholia, gigantesque et bleue, qui vient s’écraser sur la terre (à moins que ce ne soit la Terre qui le fasse, vu la différence d’échelles) dans une apothéose de mauvais goût. Dans ce fast-forward à l’évidence sur-travaillé, tout en tableaux paroxysmiques, il n’y a aucune cohérence esthétique. Lars von Trier empile les effets de manche et ça ne donne rien, le ressenti est inexistant, l’empathie absente.

La première partie du film, centrée sur un mariage raté, fait beaucoup penser au Festen de Thomas Vinterberg (compagnon du Dogme95), mais elle est loin d’avoir sa saveur. Seule Charlotte Rampling distille une haine un peu convaincante quand elle campe une mère blasée de tout qui à l’occasion humilie publiquement son mari avec une réplique bien sentie, mais pour le reste Kirsten Dunst est bien en peine de tout porter sur ses épaules face à Charlotte Gainsbourg qui manque cruellement de répondant ou au mec de 24 heures chrono qui n’arrive décidément pas à sortir de son rôle. La seconde partie est d’une longueur effroyable, complètement centrée sur l’attente d’une apocalypse qui met une heure à venir en multipliant les effets d’annonce (grêlons, électricité statique, tout y passe), pour une chute visuellement aussi moche que l’ouverture. Le cinéma de Lars von Trier me laisse vraiment indifférent, je n’éprouve rien pour ses personnages, à croire que ses films sont toujours basés sur des idées mal mise en oeuvre avec des acteurs sans émotion.

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