Ni le ciel ni la terre

Ni le ciel ni la terre

Ni le ciel ni la terre (France, 2014), un film de Clément Cogitore avec Jérémie Renier, Swann Arlaud et Kévin Azaïs. Durée : 1h40. Produit par Tarantula et distribué par Diaphana.

Très bon film sur la présence des soldats français en Afghanistan, et plus généralement sur l’isolement, la survie et la préservation de sa santé mentale dans un milieu étranger et hostile. Ni le ciel ni la terre suit au plus près le quotidien d’une petite troupe de militaires dont la mission consiste à surveiller des zones de combat en plein milieu d’une vallée, au milieu de nulle part, en attendant l’heure du retour au bercail. Le décor est complètement désertique et n’offre aucune aspérité au regard ; le film a été tourné à Ouarzazate, dans une vallée qui serpente entre deux montagnes à la couleur de cendre.

Au départ, des soldats vivent au quotidien leur condition d’occupants chargés de maintenir l’ordre. Ils ont établi des règles, et une sorte de statu quo s’est instauré entre eux, les habitants du village voisin, et les talibans prudemment installés de l’autre côté de la frontière. Les patrouilles, les embuscades et les visites chez les villageois peu coopératifs font partie d’une routine qui est perturbée lorsqu’une série de disparitions de soldats alarme le capitaine français (Jérémie Rénier, très bien). Bientôt, il est clair que le phénomène dépasse le cadre de la guerre puisqu’il qu’il touche indistinctement les Français, les villageois ou les Talibans, et même les animaux. Le film a recours à des équipements militaires qui servent à voir dans le noir pour construire une ambiance inquiétante, un monde où la menace avance masquée, où la guerre moderne perd son sens et ses repères. Pas de violence, pas d’affrontement, pas de revendication des victoires : les disparitions semblent relever de l’inévitable, puis du surnaturel, pour des soldats dépassés par un environnement hostile qui n’offre que la fuite comme échappatoire. Certaines scènes valent le détour, en particulier celle où un soldat danse torse nu devant un mur d’enceinte pour se libérer du stress.

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