Ocean’s Eleven

Ocean’s Eleven (États-Unis, 2002), un film de Steven Soderbergh avec George Clooney, Brad Pitt et Julia Roberts. Durée : 1h57. Sortie France : 6 février 2002. Produit par Village Roadshow Pictures et distribué par Warner Bros.

Il n’est jamais trop tard pour rattraper ses classiques, dont acte avec ce Ocean’s Eleven dont je ne comprends le titre que 16 ans plus tard. Sorti au début des années 2000, le film a encore ce parfum sympathique des années 90 où les grosses productions américaines n’avaient pas complètement basculé dans le n’importe quoi. Avec son casting en béton armé et ses blagues potaches, Ocean’s Eleven est très loin du niveau d’un Heat mais il est divertissant.

Il s’agit d’un remake d’un film homonyme de Lewis Milestone, réalisé en 1959, et sorti en France sous le titre L’Inconnu de Las Vegas. Ce précédent film, très moyen, est surtout fameux pour avoir réuni à l’écran le « Rat Pack », la bande de joyeux copains formée par Frank Sinatra, Dean Martin, Peter Lawford et compagnie.

Danny Ocean est un escroc qui, dès sa sortie de prison, va réunir dix hommes afin de réaliser un coup audacieux à Las Vegas. Les complices d’Ocean ignorent que le vol est davantage motivé par l’amour que par l’appât du gain. Si Steven Soderbergh était un auteur, on serait tenté de dire qu’il alterne les films tournés de la main droite et les films tournés de la main gauche, les œuvres ambitieuses et les purs divertissements, les projets personnels et les simples véhicules pour les nouvelles stars.

Dans une telle perspective, un film comme Traffic appartiendrait évidemment à la première catégorie et Ocean’s Eleven, un polar sympa interprété par une kyrielle de vedettes, à la seconde. Il n’en est pourtant rien, et Steven Soderbergh n’a pour autre ambition que d’être le meilleur faiseur d’Hollywood, apte à transformer chacun de ses films, tous des commandes de producteurs, en réussite commerciale. Qu’il mette en scène un film de propagande sur la politique anti-drogue du gouvernement ou une énième histoire de casse sans autre prétention que de distraire, Soderbergh affiche une ambition unique : s’adapter aux exigences du projet et le mener à bien. Bon technicien (même s’il abuse des effets hip-hop branchouilles dans Ocean’s Eleven, sa marque de fabrique un peu trop galvaudée depuis Hors d’atteinte), Soderbergh est avant tout un excellent directeur d’acteurs. Il est dans ce domaine capable de miracles tels que faire jouer Jennifer Lopez dans Hors d’atteinte ou rendre supportables Brad Pitt et Matt Damon dans Ocean’s Eleven. Il apparaît quand même regrettable que le petit talent de Soderbergh s’attelle à des projets soit douteux, soit anodins. Ocean’s Eleven est son film le plus traditionnel, fidèle en cela à la version de 1959. Agréable, Ocean’s Eleven n’en demeure pas moins d’un intérêt très limité. — Olivier Père

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