Pan pleure pas

pan-pleure-pas

Pan pleure pas (France, 2014), un film de Gabriel Abrantes avec Edith Scob, Laetitia Dosch et Omid Rawendah. Durée : 1h14. Sortie France : 11 juin 2014. Produit par Les films du Bélier et distribué par Capricci Films.

Gabriel Abrantes livre un film-ovni étrange et drôle. Les Inrocks arrivent à peu près à résumer l’histoire en trois parties :

Premier volet, Liberdade, tourné en Angola, montre un jeune homme impuissant qui braque une pharmacie pour se procurer du Viagra. Sous ces auspices qui peuvent sembler comiques, le film est surtout un beau portrait documentaire d’une métropole africaine. Changement complet de registre avec Taprobana, sorte de conte libertin mettant en scène le poète Camões dans une Inde fantasmée du XVIe siècle. Erotisme, scatologie, couleurs chatoyantes sont au programme réjouissant de ce deuxième segment. Et puis le meilleur pour la fin avec Ennui ennui, dont le titre est une facétieuse antiphrase. Si les personnages s’ennuient ou connaissent des ennuis, le spectateur se gondole d’un bout à l’autre.Tenez, rien que le pitch : en Afghanistan, une représentante de Bibliothèques sans frontières veut apporter les bonnes paroles de Flaubert ou Deleuze aux populations locales, mais elle est kidnappée par un taliban contraint par sa mère à dépuceler une jeune vierge.

Abrantes a déjà beaucoup tourné à l’étranger, principalement des courts jusqu’ici. Né aux États-Unis, ses parents sont portugais ; d’après Libération il a tourné au Brésil, au Portugal, au Sri Lanka, et a déjà un autre long à son actif, Palácios de Pena (2011). Pourtant tous ses décors ne sont pas véridiques : il n’est pas allé en Afghanistan pour tourner Ennui Ennui, il est tout simplement resté en France avec des acteurs du crus (Esther Garrel, Lætitia Dosch qui joue la bibliothéquaire).

Pan pleure pas est difficile à caractériser comme film, le lien entre les trois courts ne tenant que par la force du montage et le fait qu’une même actrice joue le rôle de l’amante dans le premier et le deuxième. Ce qui fait son intérêt c’est la très grande maîtrise d’Abrantes, qui d’un côté produit des plans magnifiques (en particulier dans le premier : la course poursuite et les vues aériennes de la ville) et de l’autre amène des éléments complètement loufoques (comme le drone dirigé par Obama qui échange avec lui par téléphone comme s’il était son père) qui donnent un côté Génie des alpages à la dernière partie.

Laisser un commentaire