Plein soleil

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Plein soleil (France, 1960), un film de René Clément avec Alain Delon, Marie Laforêt et Maurice Ronet. Durée : 1h54. Reprise France : 10 juillet 2013, distribué par Carlotta.

Ressorti cette année en salles, c’est un film qui porte bien son titre : un Alain Delon « solaire » y capte toute l’attention de la caméra, dans un rôle d’imposteur constamment sur ses gardes. Plein Soleil est le film qui a fait décoller sa carrière, et on comprend pourquoi : jeune et plein d’une élégance nonchalante, il incarne parfaitement une forme d’hédonisme total, de recherche du confort sans effort, en même temps qu’il construit une personnalité trouble et manipulatrice. Le film est tourné à Naples (ce qui explique la lumière éblouissante dans laquelle il baigne), avec pour donner la réplique Marie Laforêt (qui débutait alors) et Maurice Ronet, qui a aussi joué dans Ascenseur pour l’échafaud deux ans avant.

L’intrigue (Delon veut prendre la place du fils d’un milliardaire américain en vacances en Italie) gagne en intensité très rapidement après le début du film, jusqu’à trouver un point d’orgue à mi-course avec le meurtre sur le bateau, après un échange magistral de menaces voilées et de piques assassines. À partir de là le personnage de Tom entre dans une lutte contre les imperfections de son propre plan. Séducteur, il manipule Marge et va jusqu’à imiter la manière de parler du mort ; il se glisse dans ses vêtements, imite sa signature, élimine son meilleur ami devenu trop soupçonneux. Le plus frappant est le contraste entre la complexité de cette recherche et les rares scènes de bonheur que décrivent le film : une en particulier, où il flâne entre les étals d’un marché, est un des moments de grâce du film, mais ne donne à voir qu’une paresse un peu contrariée par la trame de fond de l’intrigue. Le twist final, inattendu et assez réussi à mon goût, vient ensuite enfoncer cette idée du bonheur amoral et impossible.

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