Polisse

polisse

Polisse (France, 2011), un film de Maïwenn avec Karin Viard, JoeyStarr et Marina Foïs. Durée : 2h07. Sortie France : 19 octobre 2011. Produit par Arte France Cinéma et distribué par Mars.

Gros succès pour Arte qui en rediffusant le film passe la barre des 2 millions de téléspectateurs, soit autant que le nombre d’entrées en salles, preuve que le titre de Maïwen est un succès populaire durable, qui a plu et plaît encore. Il faut dire que le casting rassemblé est massif, et quand bien même le scénario est centré sur un groupe, on a quand même au moins cinq acteurs de premier plan, la prise de risque est assez faible. Le film est constitué de petites scènes de la vie de la brigade de protection des mineurs, qui vont de la fille violée par son père à la descente dans un camp de roms dont les gamins sont exploités pour faire du vol à la tire, en passant parfois par des affaires plus légères comme un vol de portable. Il dresse surtout le portrait d’un groupe de flics, profession que le cinéma français aime beaucoup sacraliser et figer dans des traits invariables : bourrus et sans chichis mais francs du collier, intransigeants sur l’éthique, incapables d’avoir une vie de famille, souvent au bord de l’alcoolisme ou de la dépression. Ici les personnages cumulent un peu tous les clichés à la fois, et n’ont vraiment pas la finesse de ceux de la série Engrenages, qui a également pour elle la diversité des professions (juge d’instruction, avocat, etc.) : pour souligner la tension du milieu, on a plusieurs fois droit à des pétages de plomb surjoués, où chacun se défoule sur le voisin en énumérant les horreurs qu’il a eu à voir dans la journée. À ce petit jeu c’est Marina Foïs qui s’en tire le mieux, car elle trouve là une occasion d’exprimer son talent sur le registre de la dépression ; au contraire certains sont à côté de la plaque, comme Elkaïm en jeune premier aux répliques niaises sensé tirer vers la comédie. Le duo JoeyStarr – Maïwenn est quant à lui plutôt convaincant, mais c’est surtout grâce au bagou du premier. Leur histoire tend à interférer avec la narration, sans rien apporter au traitement du groupe dans le scénario. Dans l’ensemble un film bien mené, que j’aurais aimé voir assumer davantage sa veine de réalisme social plutôt que de chercher comme il le fait à plaire à tout le monde en tournant autour du pot.

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