Predator

predator

Predator (États-Unis, 1987), un film de John Mc Tiernan avec  Arnold Schwarzenegger, Carl Weathers et Elpidia Carrillo. Durée : 1h47. Reprise France : 2016. Produit par 20th Century Fox et distribué par Capricci Films.

Un film tout en finesse où Schwarzenegger, encore tout jeune mais déjà bien baraqué, joue son rôle habituel de chasseur. Face à lui le Predator donc, gros monstre technologique venu de l’espace et dont l’histoire s’inscrit dans celle de la saga Alien : les predators sont des humanoïdes qui font la loi dans l’espace, et chassent pour leur simple plaisir, y compris les aliens qui sont leur proie la plus glorieuse. Predator est l’histoire de la rencontre d’un de leur spécimen tombé sur terre, et perdu dans la forêt tropicale (on ne saura pas où précisément), que l’armée américaine essaye d’éliminer en toute discrétion. Pour cela elle a recours aux services de Schwarzenegger, un réformé qui travaille désormais dans le privé, dont elle engage la troupe en faisant croire à une histoire d’enlèvement par des « guérilleros » (politiquement le film est vraiment faible, mais ça fait partie du charme) . Arrivé dans la jungle, le groupe se rend vite compte de la supercherie. Filmosphere :

John McTiernan est un type très malin. Ainsi il a été choisi par la Fox comme n’importe quel yes-man pour mettre en scène le « nouveau film d’Arnold Schwarzenegger » , nouvelle superstar du cinéma d’action et poule aux oeufs d’or qui venait d’enchaîner en 3 ans Conan le barbare, Terminator et Commando, soit le pouvoir de faire faire n’importe quoi à n’importe qui. L’intelligence, et le génie, de McT vient d’avoir accepté de remplir ce rôle de pion derrière une caméra, de livrer une copie qui est exactement ce qu’attendait le studio, soit un film bourrin avec Schwarzenegger et un méchant alien, mais de l’avoir suffisamment perverti pour qu’on y voit un autre film invisible aux yeux des financiers.

Le talent de McTiernan est d’arriver à dépasser un peu l’archétype auquel pourrait se résumer le personnage de Schwarzenegger dans la troisième partie du film, quand le duel qui se prépare prend la forme d’un retour aux sources et d’un basculement dans la folie guerrière, à la manière d’un Apolypse Now.

Il fait opérer à son héros (le seul restant) une régression totale, le temps d’un plan au ras du sol, Dutch se fond dans l’environnement après avoir jeté ses armes à feu et être ressorti de l’eau, tout un symbole. Ce n’est plus une victoire de la technologie ou une traque, ou même un séance de chasse. À ce moment là le Predator, adepte des trophées à base de colonne vertébrale et de crânes humains, n’est plus dans sa logique de chasseur car il a rencontré un être différent. Un tueur, comme lui, capable de s’adapter à son environnement, et digne de l’affronter en mano à mano.

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