REC 1, 2 et 3

rec

[REC], [REC]², [REC]³ (Espagne, 2008, 2009, 2012), une saga de Paco Plaza et Jaume Balagueró avec Manuela Velasco, Ferran Terraza et Javier Botet. Durées : 1h18, 1h25, 1h20. Sorties France : 23 avril 2008, 23 décembre 2009, 4 avril 2012. Produit par Filmax et distribué par Wild Side / Le Pacte.

REC c’est les zombies près de chez vous : le contexte est modeste et familier, puisque l’essentiel de l’action se déroule dans la cage d’escalier d’un vieil immeuble espagnol, qu’on devine quelque part dans Madrid. C’est l’occasion de dresser un rapide portrait des habitants, de faire de la psychologie à le petite semaine : on voit un couple de vieux qui vont tout mettre sur le dos de l’immigrée (chinoise) qui vit dans l’immeuble, un jeune couple dont le mari est parti précipitamment chercher des médicaments pour sa fille, et bien sûr la fameuse reporter téméraire avec sa caméra embarquée, qu’on va suivre dans son reportage sur les pompiers et jusqu’au bout de l’enfer. L’élément déclencheur est une vieille dame contaminée, terrée seule dans son appartement. Quand les pompiers alertés par les voisins comprennent que quelque chose ne tourne pas rond, les choses basculent très rapidement car la Guardia Civil ferme tout accès à l’extérieur.

REC insiste beaucoup sur ce cloisonnement forcé par les institutions, qui est décrit comme une forme de complot et explicitement mis en scène à plusieurs reprise : dans les premier épisode par les mises en garde venues de l’extérieur, dans le deuxième quand la caméra change de point de vue et nous fait à nouveau entrer dans l’immeuble aux côté d’une escouade du GIGN local, dans le troisième une fois le massacre terminé, quand les deux seuls survivants sur le point de se changer en zombie se font abattre. Le vrai sujet du film est semble-t-il cette violence coupable de la puissance publique, qui sacrifie sans sourciller un groupe de citoyens aux intérêts de la majorité, et devient carrément hostile à des gens sans défense. Pour justifier cette violence, la franchise fait remonter les débuts de la pandémie à une petite fille possédée, gardé enfermée par un prêtre dans le dernier étage de l’immeuble (pourquoi là ? on l’ignore). Au fil des deux premiers épisodes on découvre que beaucoup de gens sont dans le secret, du moins a minima le Vatican et les autorités espagnoles. Quand tout dérape ces dernières envoient un prêtre avec les forces armées, qui viendra faire son prêchiprêcha bêtifiant avant de se faire défoncer par l’héroïne devenue à son tour l’hôte du mal.

Les deux premiers épisodes se suivent sans rapport avec le troisième, qui change de lieu et de personnages. Avec REC 3 on s’affranchit enfin de la caméra à l’épaule, qui devenait trop contraignante et n’apportait pas vraiment de caution réaliste. Ce troisième opus se prend d’ailleurs moins au sérieux que les précédents, et se permet des passages assez savoureux : le moment où tout bascule dans la salle de bal bien sûr, mais aussi le marié qui passe la bouche d’un zombie au mixeur, le personnage de John l’éponge (il explique que le nom lui permet d’échapper aux droits d’auteurs), cette scène absurde dans les égouts où plusieurs convives se font couper en deux à la tronçonneuse, et le grand père devenu mort-vivant mais qui reste sourd comme un pot, et qui est le seul à ne pas entendre les paroles du prêtre qui arrêtent les autres zombies.

Dans l’ensemble une saga sympa à regarder, qui change des standards américains du genre. Le 4, que je vais probablement rater au cinéma, aura pour principal handicap de devoir renouveler un peu le modèle, qui commence à tourner en rond.

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