Saw

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Saw (États-Unis, 2005), un film de James Wan avec Leigh Whannell, Cary Elwes et Danny Glover. Durée : 1h44. Sortie France : 16 mars 2005. Produit par Saw Productions et distribué par Metropolitan Film Export.

Saw fait partie des films qui m’avaient traumatisé au moment de leur sortie, avec notamment The Ring. Aujourd’hui l’effet est bien moindre, mais c’est peut-être aussi lié au fait de le voir en pleine journée, en demie-fenêtre, sur ordinateur. Le scénario est bien mené, et d’après ce que Wikipédia en dit la construction du film s’étend bien au-delà de ce seul épisode, au point de faire davantage penser à une série qu’à une saga. Dans ce premier tome le récit est mené comme dans Seven : on suit les agissement d’une âme en perdition, aux côtés d’un détective qui progressivement tourne mal en assistant impuissant à ce déchaînement d’inhumanité.

Pour l’instant la justification des agissements de Jigsaw est assez imprécise : on sait simplement qu’il est atteint d’un cancer incurable, et qu’il a décidé de soumettre des gens à des épreuves terribles pour leur redonner le goût de vivre et leur faire comprendre leur chance. Il me semble que dans la suite on apprend que les cobayes en question ne sont eux-mêmes pas si innocents que ça, ce que laisse deviner la chute de ce premier épisode. De plus ici l’identité du meurtrier fait l’objet d’un twist, puisque la responsabilité se retrouve déportée sur un autre personnage, qui se révèle plus cruel et inventif que celui en début de chaîne. La mise en scène de la banalité du mal doit permettre de se libérer du joug des règles sociales, en amenant chacun à accepter cette part d’ombre. À l’image, ça passe par une fascination intense pour la saleté et l’usure, notamment du métal. Le film déploie un grand arsenal d’objets de torture, dont le fameux masque à mâchoires qui m’avait tant marqué, mais aussi plus banalement des scies, des perceuses, une chaise de dentiste, du fil barbelé. Il y a quelque chose de fascinant à voir enfin en action tous ces objets banals dont le potentiel de violence est toujours contenu au quotidien, et qui sont mis ici en action avec une application méthodique. Reste qu’en dehors de ça le film manque de saveur, les dialogues sont assez pauvres et le scénario est trop occupé à s’emmêler dans des montages compliqués pour être plus prenant qu’un épisode de série.

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