Shadow Days

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Shadow Days (Chine, 2014), un film de Zhao Dayong avec Liang Ming, Li Ziqian et Liu Yu. Durée : 1h39. Sortie France : 30 mars 2016. Produit par Lantern Films China et distribué par Dissidenz Films.

Shadows Days est à la fois le film auquel on s’attend et finalement tout autre chose. Ce qui est déjà en soi une qualité bien intrigante. Le long métrage s’ouvre par un plan d’ensemble sur les montagnes, suivant en plongée la voiture des protagonistes qui se dirigent vers leur destination. Peut-être plus que la fameuse introduction funeste de Shining, c’est l’hypothèse que le plan soit filmé en caméra subjective qui ouvre la piste de la menace, du film de genre. Qui (ou qu’est-ce qui) attend Reinwei et son amie dans le village où ils se rendent ? Mais Shadows Days ne se contente pas des codes du film de genre, la piste est même abandonnée, ressurgit parfois. Cette dimension mystérieuse est à la fois récurrente et suffisamment discrète pour se faire oublier aux yeux de ceux qui ne voudraient voir ici qu’un film politique de plus. Il y a évidemment de cela. Le décor est familier, celui d’une chine rurale comme coupée du temps, isolée dans sa géographie comme dans sa manière de perpétuer des traditions étouffantes et parfois violentes. La loi de l’enfant unique est ici respectée jusqu’à l’absurde, jusqu’à des avortements forcés effectués au nom du Bien général. Pourtant Shadows Days n’est pas qu’un film à sujet, car il y a une vraie personnalité de cinéma dans la manière qu’a Zhao Dayong de brouiller les pistes et faire fluctuer les registres. Dans ce village sans chef où l’on ne sait plus à quel saint se vouer, on prie et s’en remet à un peu tout le monde et surtout à n’importe qui. Les rituels chamaniques d’un autre âge côtoient les prières adressées à une statue miniature de Mao. Des scènes absurdes, non dénuées d’humour noir, qui viennent enrichir un film qui n’hésite pas, le temps de plans furtifs et fulgurants, à virer au fantastique grotesque et inquiétant. – Film de Culte

Shadow Days lorgne un peu du côté du genre sans jamais y basculer vraiment, sans qu’on sache si c’est par manque de moyens ou par attachement aux codes du documentaire, dont vient le réalisateur. Le film manque un peu de rythme mais a pour lui une belle photographie.

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