The Ring

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The Ring (États-Unis, 2002), un film de Gore Verbinski avec Naomi Watts, Brian Cox et Martin Henderson. Durée : 1h50. Sortie France : 5 février 2003. Produit par Dreamworks et distribué par United International Pictures.

The Ring m’avait traumatisé au collège, alors même que je n’avais regardé que les 10 premières minutes. J’ai fini par retrouver le passage où je m’étais arrêté, qui est extrêmement court mais très habilement amené, où l’on aperçoit pour la première fois la jeune fille après sa mort, prostrée dans un placard, le visage déformé par l’horreur. Verbinski amène ça avec beaucoup de malice, en plein milieu d’une conversation au cours de l’enterrement de la jeune fille ; Naomi Watts parle à la mère de cette dernière, qui lui dit avoir « vu son visage » en la trouvant morte, et un insert d’à peine deux secondes amène d’un coup cette vision terrifiante, introduite par sa main qui ouvre le placard.

Passé ce premier choc, le film est très bien mené, et l’atmosphère est tout le temps glaçante, en grande partie grâce à une photographie lugubre (la palette de couleurs est assez proche de celle de Saw) et au travail de Naomi Watts, qui prend le rôle après son apparition dans Mulholland Drive. Le scénario, sans être d’une originalité folle (une petite fille possédée tuée par sa mère) est suffisamment tordu pour mettre mal à l’aise et que la réalisation puisse se contenter de faire de la suggestion. Film de Culte :

Le masque d’horreur de Gorgô, l’œil gorgonéen, confrontaient, comme le fantôme du Cercle, à l’indicible, à l’impalpable, ce qui cristallise une peur déraisonnée. Ainsi, fait assez singulier pour un film d’horreur, on n’assistera à aucune mise à mort directement à l’écran, Le Cercle s’inscrivant après Sixième Sens ou Les Autres dans une tradition renouvelée de la suggestion plutôt que de l’horreur montrée. De même, le cheval, présent dans le film, est une manifestation d’une Puissance des Enfers au même titre que le chien ou le serpent dans le bestiaire démoniaque grec. Le cheval qui se cabre, c’est la manifestation du frénétique et de la terreur pure, le hennissement ou le claquement des sabots appartiennent aux codes de l’horreur diabolique. Anna Morgan, éleveuse de chevaux, devient alors en quelque sorte celle qui  » élève les monstres « , leur mère, telle une Lilith mythologique. En mettant l’animal ainsi en scène, Verbinski offre au film une de ses rares incartades hors de l’oeuvre original, proposant également ce qui constitue une de ses plus belles scènes de par la fascination et le malaise conjugués que le pathétique spectacle suscite.

Le cheval noir qui se cabre, rue et saute d’un ferry en marche pour finir broyé par l’hélice, constitue effectivement une très bonne séquence.

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