Titli

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Titli, une chronique indienne (Inde, 2014), un film de Kanu Behl avec Shashank Arora, Shivani Raghuvanshi et Ranvir Shorey. Durée : 2h07. Sortie France : 6 mai 2015. Produit par Yash Raj Films et distribué par UFO.

Un film emblématique de cette « nouvelle vague indienne » très représentée cette année à Cannes : mêlant une violence crue à du réalisme social, il tranche une bonne fois pour toute avec le canon Bollywoodien. Titli ressemble pourtant moins à du cinéma d’auteur européen que son compatriote Chauthi Koot, qui devrait sortir cette année également ; ici si le film semble d’abord dérouler une observation des conditions de vie d’une famille pauvre dans une grande métropole indienne, on comprend vite que son objet principal est de décrire la tare inaliénable d’une famille, dont les trois fils sont condamnés comme selon un schéma Balzacien à reproduire la violence du père père qui a tué leur mère. L’action est centrée sur le plus jeune des fils, dont le seul objectif est de parvenir à s’extraire de l’enfer de sa condition ; pour y parvenir il est cependant prêt à aller au bout de l’horreur, incapable qu’il semble être de réaliser la violence de ses actes alors qu’il n’a de cesse de dénoncer celle de sa famille. Sa tête de benêt à moitié éveillé ne l’empêche pas de basculer complètement quand il s’agit de menacer sa nouvelle femme ou de mettre à mort un vendeur de voiture pour lui piquer son bien. Le discours de fond sur la société indienne où les femmes sont écrasées et où il faut tuer pour survivre est un peu attendu, mais sa mise en scène n’est pas lourdingue.

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