Une nouvelle amie

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Une nouvelle amie (France, 2005), un film de François Ozon avec Romain Duris, Anaïs Demoustier et Raphaël Personnaz. Durée : 1h47. Sortie France : 5 novembre 2014. Produit par Mandarin Cinéma et distribué par Mars Distribution.

Le début du film a une construction très pesante, puisque Ozon décide de résumer la relation ambivalente de Claire (Anaïs Demoustier) avec son amie d’enfance Laura très brièvement, en plusieurs flashbacks courts qui s’enchaînent : la rencontre à l’école, un peu de balançoire dans le jardin familial, une promenade dans les bois, un coeur gravé sur un arbre. Puis viennent les scènes plus déterminantes : la soirée en boîte où elles rencontrent simultanément leurs maris respectifs, et les deux mariages (même église, même assemblée). Ozon s’appliquera ensuite à reproduire dans le reste du film les scènes d’enfance au détail près, avec son personnage devenu adulte et celui de Romain Duris dans le rôle de la « nouvelle meilleure amie ». Le propos est donc démonstratif et peu nuancé, comme l’est d’ailleurs la volonté de David de se déguiser en sa défunte femme : pour faire passer le deuil dans un premier temps, ensuite par attraction pour Claire – qui endosse donc symboliquement le rôle du mari, avec un costume plus masculin (pantalon noir et petit col blanc, cheveux attachés) et un corps androgyne souligné dans une scène de sexe avec son mari.

Le film a beaucoup de choses en commun avec Jeune et jolie, en particulier l’idée de transgression d’un tabou dans de grands espaces neutres : un centre commercial, un salon vide, une maison dans une banlieue anonyme, ou dans les deux cas un hôtel – qui s’appelle ici Viriginia, nom que donnera Claire à David quand il est en femme. J’avais vraiment peu aimé le précédent film, dénué de propos et désincarné par le non-jeu de Marine Vacth, où Ozon passait volontairement à côté de son sujet. Mais Une nouvelle amie est sauvé par Duris qui se sort très bien de l’exercice, ce qui n’était pourtant pas évident avec son physique ultra-velu et son bas de visage très carré ; mais c’est amusant de constater à quel point son physique peut être plus féminin qu’on ne pourrait le penser (un plan sur son lit, qui remonte sur ses jambes, laisse vraiment douter de qui est montré à l’écran). Il finit par amener les interrogations de son personnage de façon convaincante, avec un second degré bienvenu vu le caractère improbable du scénario.

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