Vincent n’a pas d’écailles

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Vincent n’a pas d’écailles (France, 2014), un film de Thomas Salvador avec Thomas Salvador, Vimala Pons et Youssef Hajdi. Durée : 1h18. Sortie France : 18 février 2015. Produit par Christmas in July et distribué par Le Pacte.

Un bon exemple de film qui aurait gagné à rester au statut de court-métrage. Vincent n’a pas d’écailles est séduisant par son rythme et son dépouillement : plans fixes, panoramas, dialogues minimalistes où tout passe par des jeux de regards… Il y a une vraie belle économie de la parole que Thomas Salvador décrit comme une « psychologie du raccord » et qui donne de la profondeur à un personnage très mutique et fermé sur lui-même. Un blog écrit assez justement que le travail sur les surfaces d’eau se rapproche de ce qu’a fait Alain Guiraudie dans L’inconnu du lac ; mais force est de constater que le niveau n’est pas le même et surtout que ces images ne sont ici pas mises au service du rythme du film. Vincent n’a pas d’écailles est très lent malgré sa durée d’une heure vingt, et la bande-annonce avait en deux minutes résumé les quelques passages drôles du film. La rencontre entre Salvador et Vimala Pons, l’actrice de La fille du 14 juillet, est bien jouée mais ne mène nulle part ; l’actrice est toujours cantonnée à son rôle de fille un peu simplette, toujours joyeuse et curieuse, lisse comme la « caresse la plus longue du monde » qu’elle fait en glissant nue de tout son long sur le corps de Vincent. Le reste de l’intrigue, un jeu de course-poursuite avec la gendarmerie nationale qui n’en finit pas, étire le concept à l’origine du film au point de lui faire perdre tout son souffle. L’affiche promettait bêtement un « super héros à la française », et s’il y a bien une scène clin-d’oeil à Spiderman dans un arbre, pour le reste c’est bien le côté français chiant et mutique qui domine.

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