Whiplash

whiplash

Whiplash (États-Unis, 2014), un film de Damien Chazelle avec Miles Teller, J.K. Simmons et Paul Reiser. Durée : 1h47. Sortie France : 24 décembre 2014. Produit par Blumhouse et distribué par Ad Vitam.

Plutôt une bonne surprise pour un film dont je n’attendais pas grand-chose. Whiplash met en scène un directeur de conservatoire adulé et manipulateur, joué par Simmons, qui va pousser à bout un jeune batteur de son école pour l’amener à donner le meilleur de lui-même. Damien Chazelle s’appuie sur un montage syncopé, avec partout des successions de plan très courts, presque des inserts, jusque dans des scènes au rythme plus lent. Le montage se soumet plus à la musique qu’il ne la guide, ce qui peut donner parfois l’impression d’en faire trop : sur une scène en extérieur par exemple, on a droit à 5 ou 6 points de vue sur une rue de Manhattan pour suivre le rythme de la batterie en fond ; a contrario certains ralentis n’amènent parfois pas grand chose.

Le projet derrière est de matérialiser l’ascenseur émotionnel auquel est soumis le personnage de Mathew, dont la psychologie est vraiment intéressante puisqu’on passe progressivement d’une image de génie timide et replié sur lui-même à un vrai dingue psychorigide sans empathie, qui s’entraîne jusqu’à saigner des mains et se débarrasse sans tact de sa copine qui pourrait le freiner dans sa course à la gloire. C’est la vraie réussite du film, qui donne au début l’impression d’un portrait un peu complaisant à la Social Network mais qui finit heureusement par se concentrer sur la perversité de la relation du maître à l’élève. Le final, qui voit Mathew réaliser son « moment de grâce » annoncé par tout le film, est à la hauteur des attentes.

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