La Horde

La Horde (France, 2010), un film de Yannick Dahan et Benjamin Rocher avec Claude Perron, Jean-Pierre Martins et Eriq Ebouaney. Durée : 1h30. Sortie France : 10 février 2010. Produit par Empreinte Digitale et distribué par Le Pacte.

Authentique série B d’exploitation (il n’y a qu’à regarder son affiche pour s’en convaincre) qui s’assume pleinement, La Horde contourne son manque de moyens par une somme d’efforts infinie et une envie bien palpable d’aller au bout du délire. Et d’y aller à fond même! Comme une bande dessinée imprimée sur celluloïd, le film fait parfois penser à une œuvre de sales gosses balançant à l’image une quantité considérable d’influences qui va des jeux vidéos à Groland en passant bien évidemment par le film de genre, avec tout ce que cela engendre comme conséquences bonnes ou mauvaises : une recherche trop systématique de la réplique qui tue, un rythme narratif bancal, une direction d’acteurs parfois légère mais également une galerie de personnages tous plus badass les uns que les autres, sous forme de compilation d’inglourious basterds à mille lieues des héros purs, vaillants, sans peur et sans reproche, une non retenue dans le “viendard” et le carnage (le duel entre Prestia et les deux zombies est un pur moment d’ardeur), une jubilation de tous les instants (le couloir final, Jean-Pierre Martins sur le toit de la voiture, etc.) et surtout une sacré volonté de proposer autre chose qu’un simple charnier pompé sur Romero et ses consorts. Car c’est aussi là que le film remporte une certaine adhésion : Dahan et Rocher, avec l’aide des co-scénaristes Arnaud Bordas et Stéphane Moïssakis (une vraie réunion made in Mad Movies), préfèrent essayer d’offrir un film à la Une nuit en enfer, qui glisse d’un terrain à l’autre, plutôt que de livrer une énième resucée désincarnée de l’œuvre du maître de Pittsburgh. C’est donc du quasi-polar vers le zombie flick que les deux comparses nous entraînent, ou plutôt d’un film de genre vers un autre, un peu comme si le Assaut de Carpenter ou le Nid de guêpes de Siri s’acoquinaient avec L’Armée des morts de Snyder. Bref, le genre de film qui ne cherche pas forcément à faire fonctionner le trouillomètre mais plutôt l’ambiance et le mode actionner furibard. — Christophe Chenallet, Film de Culte