Le ciel étoilé au dessus de ma tête

Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête (France, 2017), un film de Ilan Klipper avec Laurent Poitrenaux, Camille Chamoux et Marilyne Canto. Durée : 1h17. Sortie France : 23 mai 2018. Produit par Bathysphère et distribué par Stray Dogs.

Une bonne découverte, très dans l’esprit de la bande de Vincent Macaigne mais un poil moins lourdingue. Le film est vraiment drôle, surtout dans la deuxième partie où le scénario décolle (le début patauge un peu).

Il y a vingt ans, Bruno a publié un premier roman, Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête, dont le succès fit de lui l’une des étoiles montantes de la littérature française. Depuis, il n’a rien publié mais garde les critiques et autres vestiges de cette ancienne gloire encadrés sur son mur. Ce vieux succès semble le paralyser plus qu’il ne l’encourage : l’écrivain est devenu un homme perdu, dépressif et asocial. On ne sortira que rarement des murs de cette colocation, ce qui confère au Ciel étoilé…, premier long-métrage de fiction d’Ilan Klipper après un passage par le documentaire, un caractère claustrophobique que la suite des péripéties va exacerber. Puisque Bruno ne met plus le pied dehors, ses proches viennent à sa rencontre. Ses parents débarquent à l’improviste accompagnés d’une femme (Camille Chamoux). Habitué à ces rencontres arrangées de la part de sa famille juive ashkénaze, Bruno pense à une prétendante qui se révélera être une psychiatre venue voir si l’écrivain ne serait pas le parfait candidat à une hospitalisation à la demande d’un tiers.

Tout au long du film, l’appartement ne cessera de se remplir de proches, jusqu’à une fête finale où tous ses amis viennent s’y agglutiner, à l’appel d’un événement Facebook intitulé « Sauver Bruno ». Un appartement comme une Cocotte-Minute sur le point d’exploser sous la pression des névroses. Pas d’échange, seulement des monologues d’où s’exhale une musique névrotique façon Beyond Therapy, de Robert Altman. — Murielle Joudet, Le Monde