On en est où du déterminisme social en ce début de XXIe siècle ? Pendant quinze ans, la réalisatrice Julie Gavras a suivi une «cohorte», comme on dirait en sciences sociales, de huit anciens élèves du lycée Victor-Duruy dans le très chic VIIe arrondissement parisien. De leurs 16 ans jusqu’à la veille de leur trentième anniversaire, elle les a retrouvés chaque année pour recueillir à l’image leurs confidences sur l’année écoulée et leur entrée parfois douloureuse dans l’âge adulte. Les bonnes conditions, documentaire sur la très longue durée et de près d’une heure trente, dessine en creux, par l’accumulation de petites touches impressionnistes, le portrait d’une époque et d’un milieu, de ses certitudes et de ses interrogations, de ses bonheurs et de ses doutes. […] Le résultat se donne presque à voir comme une fiction dans laquelle on suit avec une affection croissante les aventures de ces personnages. Comme si chacun d’eux recelait une part de nous-mêmes. Au-delà des rails plus ou moins linéaires et attendus sur lesquels avancent ces trajectoires individuelles, c’est tout le sel et l’inattendu des premières fois qui vient bousculer des destins pas forcément si écrits d’avance. Amours, travail, logement, voyages, il est touchant de voir comment ces jeunes adultes essaient d’inventer leurs vies, avec ce que cela recèle de hasard mais aussi le poids d’héritages sociaux qui les ont façonnés depuis leur plus tendre enfance. Le montage, dans lequel tous ces petits fragments de vie s’assemblent dans un grand puzzle qui donne à voir les aspirations de cette relève bourgeoise, réussit cette imbrication ô combien délicate de destinées dans ce qu’elles ont à la fois d’individuelles et collectives. — Christophe Alix, Libération

Le documentaire est assez touchant et, pour avoir fréquenté un an le lycée Victor Duruy, je trouve qu’il donne une image assez nuancée et juste des profils qui s’y côtoient. Les témoignages restent trop en surface à mon goût mais ça reste un panorama sympathique, même si le poids des déterminisme sociaux est assez lourd dans les témoignages et ce quel que soit l’âge des interviewés.