Les Sorcières d’Eastwick

The Witches of Eastwick (États-Unis, 1987), un film de George Miller avec Jack Nicholson, Susan Sarandon et Michelle Pfeiffer. Durée : 1h58. Sortie France : 10 septembre 1987. Produit par Guber-Peters Company.

Alors qu’il vient d’achever dans la douleur sa trilogie Mad Max avec un troisième volet qu’il n’a pas mené jusqu’à son terme, le réalisateur australien George Miller a besoin d’une pause récréative avant de s’attaquer à un nouveau sujet d’envergure. Histoire de prendre tout le monde à contre-pied, il jette son dévolu sur une comédie fantastique tirée d’un roman à succès de John Updike intitulé Les sorcières d’Eastwick, publié en 1984. Le peintre de la classe moyenne qu’était Updike a séduit Miller par son discours pertinent sur les relations hommes / femmes. Cette thématique féministe étonna à l’époque de la part du père de Mad Max, mais elle entre désormais en résonnance avec d’autres œuvres de George Miller, notamment son récent Fury Road où le monde post-apocalyptique est finalement sauvé de la tyrannie par des femmes.

Au début des Sorcières d’Eastwick, les trois personnages féminins semblent totalement dépendantes des hommes puisqu’elles ne peuvent se définir qu’en fonction de ceux qu’elles ont aimés. Malgré leur caractère apparemment indépendant, elles semblent incapables de se réaliser pleinement en dehors du mâle dominant. Par le biais d’une thématique fantastique, leur névrose va prendre la forme du diable tentateur incarné avec maestria par un Jack Nicholson toujours à la lisière de la sortie de route. L’acteur en fait des tonnes en diablotin qui séduit ses proies avant de mieux les tourmenter. Comme un bolide lâché à pleine vitesse contre un mur, Nicholson en rajoute dans le cabotinage et nous arrache ainsi de nombreux éclats de rire, tant il surjoue chaque situation. Comparable à un personnage de cartoon de Tex Avery, il se livre ici à l’un des plus beaux pétage de plomb de l’histoire du cinéma, encouragé dans sa démesure par un George Miller ayant toujours apprécié les acteurs en surrégime. — Virgile Dumez, À voir à lire