L’Homme qui voulait savoir

Spoorloos (Pays-Bas, 1989), un film de George Sluizer avec Gene Bervoets, Johanna ter Steege et Bernard-Pierre Donnadieu. Durée : 1h47. Sortie France : 20 décembre 1989. Produit par Argos Films.

Nous sommes au début des années 80. Un couple de hollandais est en vacances dans le sud de la France. Ils sillonnent les routes en voiture et s’amusent entre eux. L’ambiance est très gaie. Ils ont l’air de s’aimer passionnément. Mais on sait tous que lorsqu’un film commence si bien, cela ne dure jamais très longtemps. Un drame est imminent. La voiture tombe en panne dans un tunnel. Le couple se dispute, rien de bien grave, mais l’homme décide de laisser sa femme et d’aller chercher de l’essence seul. Quand il revient, sa femme n’est plus dans la voiture. Premiers moments d’angoisse. Mais l’homme prend à peine le temps de s’inquiéter, il démarre. Sa bien-aimée l’attend à la sortie du tunnel, un peu fâchée contre lui. Ouf. Quelques minutes plus tard, ils s’arrêtent sur une aire d’autoroute très fréquentée, se réconcilient et passent du bon temps. Puis la femme part chercher des boissons dans la station service tandis que l’homme l’attend près de la voiture. Le temps passe et elle ne revient pas. L’homme panique. Cette fois-ci, elle a réellement disparu. Le drame a eu lieu.

Dès lors, l’homme n’aura plus qu’une seule idée en tête : savoir ce qui est arrivé à sa femme. Une véritable obsession nourrie par les lettres anonymes qu’il recevra 3 ans plus tard, écrites par une personne déclarant savoir ce qui est arrivé à sa femme et lui donnant des rendez-vous auxquels elle ne se rendra pas. Cette personne s’avèrera n’être autre que le ravisseur de la femme, et, via des retours en arrière parfaitement insérés dans le récit, il nous sera dressé de lui un portrait rigoureux et précis. Il s’agit d’un type tout à fait banal, d’apparence plutôt sympathique, vague sosie dodu de Benoît Poelvoorde, un prof de chimie perfectionniste et père de famille rassurant. Lors de ces mêmes flash-back, nous le verrons, entre autre, préparer méticuleusement son méfait, et échouer plusieurs fois. Ce personnage est interprété par l’acteur français Bernard-Pierre Donnadieu, qui livre ici une prestation tout bonnement hallucinante. — Il a osé

Un film à la mise en scène assez efficace mais qui manque de rythme. Bernard-Pierre Donnadieu le porte à bout de bras, ce qui d’après sa bande annonce n’a pas l’air d’être le cas dans le remake américain du film, où c’est Kiefer Sutherland qui tient le rôle titre.