Mandy

Mandy (États-Unis, 2018), un film de Panos Cosmatos avec Nicolas Cage, Andrea Riseborough et Ned Dennehy. Durée : 2h01. Produit par SpectreVision.

Film complètement délirant avec Nicolas Cage au top de sa forme, entre morceaux de bravoure et absurde complet, les deux allant de pair. Jacky Goldberg des Inrocks, en bon hipster, adore le film au premier degré :

Mandy, c’est le prénom d’une jeune femme, interprété par l’intense Andrea Riseborough, qui vit avec son bûcheron de mari (Nicolas Cage, donc) dans une maison en bois au milieu de la forêt (makes sense). Un couple qui, pour s’endormir dans les bras l’un de l’autre, se demande en susurrant quelle est la meilleure planète du système solaire, ne peut être tout à fait mauvais, et l’on prend d’abord plaisir à passer du temps avec eux.

Longtemps, le film refuse de démarrer, enchaînant les faux génériques (on en compte au moins trois), étirant ses plans combustibles (superbe photo de Benjamin Loeb), multipliant les digressions psychédéliques (cette surimpression de visages !), déployant les nappes industrielles de Johann Johannsson (compositeur surdoué de Denis Villeneuve, mort l’an dernier)… Et l’on pourrait rester là une éternité, les yeux et les oreilles grandes ouvertes, bercés par les chants de Cosmatos ayant invité à sa table Kenneth Anger, David Lynch, Nicolas Winding Refn ou, pourquoi, pas, Bertrand Mandico.

Mais Mandy meurt. Sous les coups et les flammes d’un Charles Manson de pacotille et de sa pathétique Family. Vengeance. Les pneus se mettent alors à crisser, les cuirs à couiner, le métal à hurler. Et Docteur Nicolas devient Mister Cage, ce performer unique (on ne peut plus seulement parler d’acteur à ce stade) qui déchire l’image et les chairs de ses ennemis de ses cris chamaniques. C’est comme si sa dernière décennie de poisse se transmuait ici en chrome rutilant, faisant feu de tout bois, nous laissant KO, sans savoir si l’on doit rire ou pleurer — les deux bien sûr. — Jacky Goldberg, Les Inrocks