Ni juge ni soumise

Ni juge ni soumise (France, 2017), un film documentaire de Jean Libon, Yves Hinant. Durée : 1h39. Sortie France : 7 février 2018. Produit par Le Bureau et distribué par ARP.

Documentaire hallucinant où tout ressemble à un sketch, alors que s’enchaînent les entretiens avec des cas sociaux les plus désespérés. L’équipe va assez loin, jusqu’à filmer un corps sorti de son cercueil pour les besoins d’une autopsie, on se demande comment il n’a pas été classé interdit au moins de 18 ans.

Anne Gruwez est juge à Bruxelles. C’est aussi un personnage suffisamment haut en couleur pour que l’équipe de la célèbre collection de documentaires franco-belge « Strip-Tease », diffusée sur France 3, lui consacre son premier long-métrage de cinéma. Adoptant les mêmes principes que ceux qui présidaient à ses productions pour le petit écran (pas de voix off, pas de commentaire, pas d’interview), les réalisateurs nous plongent dans son quotidien, entre son bureau où elle se confronte avec les prévenus, parfois comme sur un ring, parfois comme une psy bienveillante, et son domicile, où elle cultive tranquillement son jardin en compagnie d’un rat domestique.

Le film vaut à la fois pour la personnalité, mélange de sang-froid, d’esprit de provocation, de truculence, de professionnalisme et d’humanité de son héroïne, et pour le tableau de la misère du monde belge qui s’esquisse au fil des comparutions. En trois ans de tournage, les réalisateurs ont eu le temps de filmer des moments forts. — Isabelle Regnier, Le Monde