Indiscrétions

The Philadelphia Story (États-Unis, 1947), un film de George Cukor avec Katharine Hepburn, Cary Grant et James Stewart. Durée : 1h55. Sortie France : 2 avril 1947. Produit par la MGM et distribué par Warner Bros.

Sommet inégalé de la comédie sophistiquée avec son élégance raffinée à l’extrême (toilettes, champagne, piscine et réceptions), ses dialogues à double entente, spirituels faisant mouche en rafale et ses acteurs, instruments de précision comique et intellectuel (Stewart faire valoir de Cary Grant, Catherine Hepburn a sommet de son art) au service d’un Cukor qui atteint à une liberté de ton qui égale celle de Ernst Lubitsch.

Jean-Luc Lacuve, Ciné Club de Caen

Les Éternels

Jiang Hu Er Nü (Chine, 2019), un film de Jia Zhangke avec Zhao Tao, Liao Fan et Xu Zheng. Durée : 2h15. Sortie France : 27 février 2019. Produit par Huanxi Media Group et distribué par Ad Vitam.

Le film est fidèle à sa bande-annonce, qui faisait pas mal saliver à Cannes : c’est un très bon Jia Zhangke, qui met un peu à l’arrière-plan ses idées de grandes fresques de l’histoire chinoise au profit de l’approfondissement de ses personnages. Le couple du film est magnifique, Zhao Tao crève l’écran.

Les Glaneurs et la Glaneuse

Les Glaneurs et la glaneuse (France, 1999), un film documentaire de Agnès Varda avec Agnès Varda, Bodan Litnanski et François Wertheimer. Durée : 1h22. Produit et distribué par Ciné-Tamaris.

Un film à l’image de l’impression générale que m’a toujours donné Varda de son vivant : celle d’une cinéaste autocentrée, à l’empathie fausse, infoutue de parler d’autre chose qu’elle même. Les Glaneurs et la glaneuse auraient pu être un magnifique film s’il avait été tourné par Cavalier; chez Varda c’est une version abêtie de sa démarche, où le regard caméra et le propos sur son métier de cinéaste sont tellement appuyés qu’on n’a juste envie de la voir sortir du cadre.

L’Énigme du Chicago express

The Narrow Margin (États-Unis, 1952), un film de Richard Fleischer avec Charles McGraw, Jacqueline White et Gordon Gebert. Durée : 1h11. Reprise France : 7 juin 2006. Produit par la RKO.

L’Enigme du Chicago Express fait partie de ces « petits films » de genre qui font assez peu parler d’eux mais qui se révèlent, après leur vision, comme des œuvres plutôt jouissives de par leur dynamisme et leur efficacité dépouillée de toute pesanteur intellectuelle. Un véritable film de série B qui emporte le spectateur par son rythme et son simple postulat de départ. Dans son prologue, avant que les personnages principaux montent dans le train, le film recourt aux codes visuels du film noir (milieu interlope, rues nocturnes, flics bourrus, éclairage expressionniste avec son noir et blanc contrasté qui découpe l’espace en zones claires et sombres). Une première scène d’action, où l’on découvre un tueur tapi dans l’ombre grâce aux perles tombées du collier cassé de la veuve sous protection, en est un parfait exemple. Mais le film de Fleischer se révèle être plutôt un thriller trépidant, le scénario et la mise en scène donnant en fait la priorité au mouvement et au rythme, bien plus qu’à une science de la composition plastique. D’autant que, fait rare, aucune musique ne vient scander les péripéties du scénario. C’est donc bien la réalisation, seule, qui donne le tempo au récit.

Barry Lyndon

Barry Lyndon (Royaume-Uni, 1975), un film de Stanley Kubrick avec Ryan O’Neal, Marisa Berenson et Patrick Magee. Durée : 3h07. Reprise France : 19 décembre 2007. Produit par Hawk Films et distribué par Warner Bros.

Peut-être le meilleur Kubrick juste après 2001, Barry Lyndon est un grand fourre-tout plein d’humour, parfois malgré lui, à la fois pour l’arrivisme sans foi ni loi de son personnage et pour la grandiloquence jusqu’à l’absurde de sa mise en scène. La sélection musicale est à l’avenant.

Green Book

Green Book (États-Unis, 2018), un film de Peter Farrelly avec Viggo Mortensen, Mahershala Ali et Linda Cardellini. Durée : 2h10. Sortie France : 23 janvier 2019. Produit par Participant Media et distribué par Metropolitan FilmExport.

Feel-good movie bon esprit avec Vigo Mortensen dans un rôle improbable d’italien New-Yorkais, Green Book s’en sort plutôt bien en restant loin du registre potache où l’on attendrait l’un des deux frères Farrelly. C’est un vrai film de Noël, assez dégoulinant sur la fin mais gentiment drôle dans son ventre mou.