Les Mutants de l’espace

Mutant Aliens (États-Unis, 2001), un film d’animation de Bill Plympton avec les voix de Dan McComas, Francine Lobis et George Casden. Durée : 1h23. Sortie France : 9 janvier 2002. Produit par Plymptoons et distribué par Ed Distribution.

Un film d’animation complètement déjanté au trait nerveux, au rythme saccadé et qui travaille beaucoup le son. C’est vraiment la force du cinéma de Plympton (y compris ses courts, notamment Sex & Violence diffusé récemment sur Arte) que de savoir mettre parfaitement en image un gag potache avec un humour transgressif, jouissif et moqueur. La nudité, le sexe et la violence se déversent dans le film sans lourdeur, au seul profit d’un rire communicatif.

The Intruder

The Intruder (États-Unis, 1962), un film de Roger Corman avec William Shatner, Frank Maxwell et Beverly Lunsford. Durée : 1h24. Reprise France : 15 août 2018. Produit par Roger Corman Productions et distribué par Carlotta.

Entre deux films d’horreur fauchés avec plante carnivore ou monstre en caoutchouc, Roger Corman, le grand manitou de la série B, voire Z, a tourné une pépite, The Intruder, un excellent drame racial, injustement boudé par le public à sa sortie, et dont l’efficacité et la sobriété tranchent dans une filmographie pléthorique davantage portée sur la déviance. L’action se situe au début des années 60, à Caxton, charmante bourgade du sud des Etats-Unis, ontologiquement raciste, comme le rappelle l’un de ses habitants. Y débarque le meilleur élément perturbateur qui soit, en la personne d’Adam Cramer (le génial William Shatner, futur capitaine Kirk de Star Trek), émissaire d’un groupuscule d’extrême droite de type KKK opposé aux récentes lois d’intégration qui fixent des quotas d’étudiants noirs à l’Université. Brillant tribun, il va réussir à soulever la population et à ranimer la haine ségrégationniste, qui ne demandait qu’à flamber.

[…] Réalisé en 1962 avec l’argent rapporté par le succès de ses deux premières adaptations d’Edgar Poe (La Chute de la maison ­Usher et La Chambre des tortures), The Intruder a été filmé en décors naturels dans plusieurs villes du Missouri, en faisant appel à des autochtones pour la figuration. Dont très peu (euphémisme) partageaient les opinions progressistes de Corman et de son scénariste. « Le sujet explosif nous a causé beaucoup de problèmes et j’ai dû faire appel aux polices locales pour protéger mon équipe. Nous passions de ville en ville après avoir été chassés de la précédente par les habitants furieux quand ils se rendaient compte du thème du film. »

Fidèle à ses idéaux contestataires et à sa sympathie pour les marginaux, Roger Corman a réussi un film politique de haute volée. Le scénario est un modèle du genre. On le doit à Charles Beaumont, auteur de science-fiction qui adapte ici son propre roman et s’est par la suite fait un nom à la télé­vision, en signant de nombreux épisodes de La Quatrième Dimension. Au passage, ce rusé de Corman n’oubliera pas de réduire les coûts en con­fiant à Beaumont un rôle dans le film ! Son scénario oppose d’abord les deux communautés de manière presque documentaire puis bascule dans la réflexion sur la manipulation des foules et le mirage du pouvoir oratoire. La caméra, placée dans des angles impossibles, comme souvent chez Corman, scrute des personnages extrêmement bien écrits, aux fêlures et réactions inattendues. Jamais tout noir ou tout blanc. Le tout ficelé en quatre-vingt-deux minutes seulement. Du grand art. Et sans véritable équivalent dans la production de l’époque, le début des sixties, où Hollywood ne brillait pas encore par son audace politique. — Jérémie Couston, Télérama

Paul Sanchez est revenu

Paul Sanchez est revenu ! (France, 2018), un film de Patricia Mazuy avec Laurent Laffite, Zita Hanrot et Philippe Girard. Durée : 1h51. Sortie France : 18 juillet 2018. Produit par Ex Nihilo et distribué par SBS.

Bonne surprise, alors que le film démarre comme un policier France 2, il part ensuite complètement en cacahuète façon P’tit Quinquin, avec une Zita Hanrot enfin à contre-emploi (ce qui la change des rôles de fille de banlieue auxquels on la cantonne en permanence) et Laurent Lafitte mi-figue mi-raisin, mi drôle mi dingue, ce qu’il sait faire de mieux. Ça sort un peu des sentiers battus et de la lourdeur qu’annonçait le pitch, calqué semble-t-il sur l’affaire Dupont de Ligonnès.

Boire et déboires

Blind Date (États-Unis, 1987), un film de Blake Edwards avec Bruce Willis, Kim Basinger et John Larroquette. Durée : 1h36. Sortie France : 9 septembre 1987. Produit par TriStar Pictures.

Toujours sympa de revoir Bruce Willis à l’écran. Une bonne petite comédie, très calquée dans sa première heure sur The Party, mais qui suit ensuite son propre cours avec beaucoup de cascades à la clef.

Au poste !

Au Poste (France, 2018), un film de Quentin Dupieux avec Benoît Poelvoorde, Grégoire Ludig et Marc Fraize. Durée : 1h13. Sortie France : 4 juillet 2018. Produit par Atelier de Production et distribué par Diaphana.

Encore un navet de Quentin Dupieux, dont le cinéma continue de me laisser parfaitement indifférent. Les gags sont mauvais et poussifs, et malgré une très bonne interprétation du duo Poelvoorde / Ludig le film est un grand gâchis, un caprice de gamin persuadé d’être très malin en abattant le quatrième mur mais qui n’a pas deux vraies idées de cinéma à aligner.

Scream 2

Scream 2 (États-Unis, 1997), un film de Wes Craven avec Neve Campbell, David Arquette et Courteney Cox. Durée : 2h02. Sortie France : 8 juillet 1998. Produit par Craven-Maddalena Films.

La série des Screams est un vrai plaisir de maniaque du meta, et à ce titre le numéro 2 ne déçoit pas, plongeant toujours plus loin la mise en abîme – dès la scène d’ouverture où se mêle imitation des dialogues du premier épisode dans la salle, parodie du tueur par les spectateurs, vrai meurtre dans la salle, vrai parallèle avec la psychose à l’époque de la sortie du film, bref c’est le carnaval meta et ça dure comme ça deux heures. Merci Wes Craven.